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Dune, de David Lynch 

La faille, de Gregory Hoblit 

Le cercle des poètes disparus, de Peter Weir 

C'est arrivé près de chez vous, de Rémy Belvaux

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No country for old men, des frères Coen

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L'armée des 12 singes, de Terry Gilliam

Les 9 reines, de Fabian Bielinsky

Master and commander, de Peter Weir

Les galettes de Pont-Aven, de Joël Seria

Gone Baby Gone, de Ben Affleck

Le premier jour du reste de ta vie, de Rémi Bezançon

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Not an addict, de K'S Choice

You cut her hair, de Tom McRae

Devil inside, d'Utada Hikaru

Hang me up to dry, des Cold War Kids

Je vis où tu m'as laissé, de Calogero

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Satisfaction, de Benny Benassi

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Long slow goodbye, des Queens of the Stone Age

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Rodéo, de Zazie

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La nuit je mens, d'Alain Bashung

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Turn the page, de Metallica

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Because the night, de Patti Smith

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I sat sadly by her side, de Nick Cave

Bring the noise, de Benny Benassi vs Public Enemy

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Les nuits d'une demoiselle, de Colette Renard

Feel the sun, des Tindersticks

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Still loving you, de Scorpions

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The end, de The Doors

Hold the line, de Toto

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Underneath, remixé par John Dahlback

J'en rêve encore, de Gérald de Palmas

Take my breath away, de Berlin

Alice et June, d'Indochine

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Storm, de Storm

The days of Pearly Spencer, de David McWilliams

Police dogs bonfire, de Lazyboy

A ma place, de Zazie et Axel Bauer

After laughter, de Wendy Renée

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Waiting, de The Devlins

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Thunderstruck, d'ACDC

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Alma, d'I Muvrini

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Couleur café, de Serge Gainsbourg

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Every me & every you, de Placebo

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Glory box, de Portishead

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Creep, de Radiohead

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Under the bridge, des Red Hot Chili Peppers

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Summer sun, de Texas

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Slave to love, de Bryan Ferry

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Poésie

Samedi 31 octobre 2009
 

 

Pendant la saison sèche, on prend ses bains dans un dé à coudre. La loi l'exige, ainsi que l'usage et la raison. On se resserre, on se simplifie, on se courbe. On se plie à la loi. Une certaine humilité est nécessaire.

Le dé à bain est un véritable dé à coudre, ici en argent, ailleurs en laiton, en fer-blanc, jamais une imitation, une métaphore, jamais un dé au sens large.

Aucun dé à coudre ne peut, sans exagération, atteindre la dimension d'une baignoire. Impraticable pour la couture. Ce serait une pure œuvre d'art (les œuvres d'art sont des exagérations). On ne se baigne pas dans une œuvre d'art, dans un musée, dans une exposition, pas même dans un catalogue. Il faudrait un luxe inouï, une outrecuidance, une inconscience enfantine, une nonchalance rarement permise. En outre, il manque une esthétique du savon et de l'eau trouble, si ce n'est Ponge. Mais Ponge, s'il frotte la parole aux choses, n'écrit pas pour servir.

Inconvénient du dé à coudre : il est instable, et sournoisement.

On se glisse dans l'eau, dans l'eau tiède et pulpeuse. On s'apprête à soupirer d'aise. Mais on a beau s'étrécir, se recrocotiner, au premier mouvement le dé se renverse. Tout est perdu. Le bain de dé exige une dextérité. Des gestes courts. Une adresse proche de l'immobilité.

On appelle ici la saison sèche la saison dé. La sécheresse de l'accent aigu signifie exactement.

La saison des pluies emporte les dés dans son lit. On se baigne alors dans les lacs, dans les ruisseaux, les torrents, dans la majesté des fleuves, dans les mers balnéaires, dans les eaux saponifères. Les mélancoliques se baignent dans l'épave des barques sans fond, les barques des traversées impossibles.

La saison des pluies connaît des accents graves et des parapluies circonflexes.

 

Michel Guillou, in Sur le bord de l'inaperçu, Ed. Gallimard, octobre 2009.


Par Guillaume Riou
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Samedi 3 octobre 2009

Laissez-moi vous présenter par un poème et une vidéo (en 2 parties) de l'émission Bibliothèque Médicis, ce poète arabe devenu incontournable qu'est Adonis.

Son histoire, depuis sa rencontre avec le président syrien Shukri al-Kuwatli jusqu' à son exil en France, est à elle seule un vrai poème. Mais inutile que j'entre ici dans les détails, je vous laisse en sa compagnie :


 Toucher la lumière

 

Par une nuit de pleine lune

essaye de fixer la galaxie

Tu verras qu’elle est cours d’eau

avec tes bras pour affluents

ta poitrine pour estuaire

 

Aujourd’hui le ciel a écrit son poème

à l’encre blanche

Il l’a appelé neige

 

Ton rêve rajeunit tandis que tu vieillis

Le rêve grandit en marchant

vers l’enfance

 

Le rêve est une jument

qui au loin nous emporte

sans jamais se déplacer

 

Le nuage est las de voyager

Il descend à la plus proche rivière

pour laver sa chemise

A peine a-t-il mis les pieds dans l’eau

que la chemise se dissout

et disparaît

 

Une rose sort de son lit

prend les mains du matin

pour se frotter les yeux

 

Le palmier parle avec son tronc

la rose avec son odeur

 

Le vent et l’espace vagabondent

main dans la main

 

Arc-en-ciel ?

Unité du ciel et de la terre

tressés en une seule corde

 

Il marche sur les versants de l’automne

appuyé au bras du printemps

 

Le ciel pleure lui aussi

mais il essuie ses larmes

avec le foulard de l’horizon

 

Quand vient la fatigue

le vent déroule le tapis de l’espace

afin de s’y allonger

 

Dans la forêt de mes jours

aucune place

sauf pour le vent

 

Pour toucher la lumière

tu dois t'appuyer sur ton ombre

 

Je sens parfois que le vent

est un enfant qui crie

porté sur mes épaules

 

Comment décrire à l’arbre

le goût de son fruit ?

A l’arc

le travail de la corde ?

 

Telle une main

la lumière se déplace

sur le corps des ténèbres

 

C’est l’épaule de l’espace

qui s’effondre là-bas

sous les nuages noirs

 

L’espace dans l’œil de la guillotine

est lui aussi tête à couper

 

Tu ne peux être lanterne

si tu ne portes la nuit

sur tes épaules

 

Je conclurai un pacte avec les nuages

pour libérer la pluie

Un autre avec le vent

pour qu’il nous libère

les nuages et moi

 

La parole est demeure dans l’exil

chemin dans la patrie

 

Qu’il est étrange ce pacte

entre les vagues et le rivage –

le rivage écrit le sable

les vagues effacent l’écriture

 

Mémoire – ton autre demeure

où tu ne peux pénétrer

qu’avec un corps devenu

souvenir

 

 

Adonis, in Toucher la lumière, Ed. Fata Morgana, 1997. Ouvrage d’artiste en édition limitée à 30 exemplaires, comportant chacun une peinture originale de Farid Belkahia.

Texte traduit de l’arabe par Anne Wade Minkowski.

  
Bibliothèque Médicis - printemps 2009 - PARTIE 1



Bibliothèque Médicis - printemps 2009 - PARTIE 2
Par Guillaume Riou
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Mardi 8 septembre 2009

Visitez le site Francopolis, dédié à la poésie en francophonie, vous y trouverez mon article sur "Les Patois savoyards par la poésie" qu'Hélène Soris m'a invité à mettre en ligne.

Vous pouvez le lire en cliquant sur :
  http://www.francopolis.net/langue/patois-sept2009.html





Par Guillaume Riou
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Mardi 1 septembre 2009

LE LIMAÇON ET LES COURTISANS

 

 

Dans l’antichambre où chaque jour

Des vils flatteurs la foule immense

Se façonne dans le silence,

Avant de faire au roi sa cour,

L’on vit un beau matin, une horrible traînée

Briller tout autour du salon,

Au fin bout de laquelle était un limaçon.

A cet aspect, nos gens de sublime lignée

Poussèrent un holà dans leur âme indignée

Mais l’animal, se retournant,

Leur dit : Je suis venu, comme vous, en rampant.

 

 

 Anonyme, in La Chronique de Savoie, revue bimensuelle n°4 du 16 février 1870.

 

Portrait d'un courtisan parvenu (ou d'un limaçon ?)

Par Guillaume Riou
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Dimanche 26 juillet 2009


Un rayon poudroyant filtre par les volets entrebâillés et pose une flaque de lumière éblouissante sur le drap froissé qui ne recouvre qu’à moitié les deux corps immobiles. Abandonné, comme flottant dans la pénombre mauve, seul l’un des deux visages est visible. Les yeux clos il parait dormir. Contre sa joue gauche monte le désordre obscur d’une chevelure. Silencieuse un moment, la mouche, qui s’est mise à bourdonner, trace dans la pièce des arabesques visibles par intermittence à chacun de ses passages dans la trace lumineuse, puis se tait à nouveau, posée maintenant sur l’écume figée des draps. Les deux corps n’ont pas bougé. Rien ne trouble la paix de la pénombre plus profonde encore du feu bleu de l’embrasure.

 

Jacques Ancet, Extrait de Image et récit de l’arbre et des saisons, Ed. André Dimanche, 2002.

Par Guillaume Riou
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Mercredi 8 juillet 2009

Ce poème, lorsque je l'ai entendu la première fois au récital du printemps de poètes de la Roche-sur-Foron, m'a dessiné à la craie mentale un carnet de voyages aux  flamboyants paysages :

 

T erres d’ocre

     

                                    Elles disent les maturations

                                                les cycles et les heures

                                    Elles disent l’invisible

                                    L’ocre convient aux dieux

 

                                    Les derniers rais d’un soleil qui décline

                                                attisent la braise du mélèze

                                    Ocres de l’automne

                                    Flamboiement aux frondaisons de septembre finissant

                                    Labours en robe de bure

                                                qu’encense un vol fuligineux de passereaux

                                    J’aimerais mon âme en un jardin d’automne

                                    Senteurs de tourbe de fougères

                                    Rouissent les châtaigniers

                                    et si le cor prolonge sa longue antienne vespérale

                                    que lui fassent répons le brâme profond du cerf

 

                                                Ocres                        Cuivres

                                    Cuivres de l’orient               Désert d’orient

                                                Dunes brunes                            Lèvres afghanes

                                    Ciels fauves         à la crinière de lion

                                    S’exhalent  des arômes cannelle

                                                             des épices musquées

                                    Cuirs des harnais        Rumeurs de caravanes

 

                                                            Cuivre

                                    couverte de cuivre sur l’émail des lacs

                                    cuivre sans éclat

                                                quand la lune fomente la neige

                                    Folle chevelure de lune

                                                            Névrose de la lune

                                    à la morte saison des bruyères gelées

                                    quand hurle l’hiver brûleur de loups

 

                                    L’ocre convient aux dieux

                                  

                                    Il y a toute cette chamoiserie

                                                            de reflets roux à l’ados de la vague :

                                    ambres et feuilles mortes

                                                robe de daine        corsage de bouvreuil

                                    fuite d’un écureuil          éclat dans l’épicéa

 

                                    Il y a des abeilles nimbées d’une lumière de miel

                                    à l’odeur brune  -  ivre un peu  - de réglisse

                                                             de malt et de muscat

 

                                                              Il y a les sables

                                    couchés comme en lit de roses

                                    que le crépuscule aurait lissé

                                                J’aime ces sables de Loire

                                     ces javeaux passés par le tamis des soleils couchants

 

                                     Méditent dans le soir des violoncelles

 

                                    Et puis faites lointaine souvenance

                                    Rappelez-vous le poitrail de l’auroch

                                                            au flanc de la caverne

                                    avec ce          bison que le dessin enfante dans l’orbe du solstice

                                                                         Vêtu d’ours

                                    le chaman dansait les flammes rauques du feu

 

                                    De rouge et de noir

                                                            d’ombre et de lumière

                                    l’ocre convient au dieu

 

                                    mais la Sybille de Cumes interroge la rose

                                    et septembre déjà rabote les feux du jour

                                    Fragiles d’incertitude

                                                            les villages de la nuit campagnarde

                                    veilleront

 

                                                            tapis dans la fourrure

                                    de leurs rousseurs blafardes

 

 

                                                                                   Marcel Maillet

 

 

  

Par Guillaume Riou
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Mercredi 3 juin 2009

Voici un poème inédit sur la toile, de Jean-Pierre Tessier*, poète annécien qui vécut au XXe siècle. Il déclamait des vers aux passants à côté du puits Saint-Jean…

 

Neige

 

Je suis un nègre

Un sale nègre

Je suis celui qui n’est rien et qui n’a rien

Parce que je travaille pour le blanc ou pour le jaune.

Ah oui ! J’oubliais de vous dire

Moi je souris de toutes mes dents

Et parce que j’ai les cheveux crépus

Le nez camus

A Harlem, dans le ghetto de New York,

On m’appelle le nigger

Le Négus aussi

On dit face négroïde dans votre dictionnaire

Littré Larousse Robert

Le négro dans la rue

Le négrillon quand je suis petit

Ma femme elle m’appelle mon soleil noir

D’autres ma bête noir

Et que’que fois quand j’ai terminé le travail

Dans la case juste à gauche

On m’accompagne de que’ques rythmes avec les copains

Que d’autres appellent :

                                      Jazz

                                      Blues

                                      Negro-spirituals

                                      Gospels

                                      Free-jazz

                                      Rock.

Mois j’sais pas c’que ça veut dire ces mots-là

Tout ce que je sais

C’est que cette musique

Elle vient de là

Et ça s’explique pas

Ça se sent

Parce que on l’aime et qu’on se tait

Et qu’on est non violent

Je suis un nègre mal fait

Mal né

Et vous savez, quand je suis accroupi devant ma case,

Et que je vois le soleil qui se couche là-bas derrière la montagne

Je pleure

J’me dis

Qu’c’est p’t-être lui qui a noirci ma peau

Et la couleur de la peau ne change rien.

 

 

Jean-Pierre Tessier, Annecy, in Le Mouna Frères, journal d’un Don Quichotte, n°31 de 1987.

                                  

 

* Pour lire un poème-hommage de Michel Dunand sur Jean-Pierre Tessier, cliquez ici

 

Par Guillaume Riou
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Dimanche 31 mai 2009


PAUVRE VERLAINE



S'il n'y avait le sourire des fleurs
A quel soleil chaufferais-je mon cœur
Sans toi ?
S'il n'y avait la chanson de la pluie
Qui bercerait mon cœur qui se languit
De toi ?

De toi, pauvre Verlaine,
Il lui faudra beaucoup pleurer
Ce soir

Je me souviens, le ciel était en pleurs
Et ça hurlait, les violons du malheur
Sans toi
Mais tu as peint ma vie à ta douceur
Et un grand feu a jailli dans mon cœur
Avec toi

Tu as cueilli tous mes rêves d'enfant
Pour les bercer sur les ailes du vent
Mais tu m'as laissé au cœur le goût amer
D'un bonheur perdu à peine découvert
Pourquoi ?

Tu es venue comme Dame Fortune
Tu es partie sur un rayon de lune
Pleure, Verlaine, les amours blessées
Pleure, Verlaine, les cœurs délaissés

Pour moi, pauvre Verlaine,
Il lui faudra beaucoup pleurer
Ce soir

Comme le fleuve amoureux de la mer
Je sens couler mes étés, mes hivers
Vers toi
Mais où es-tu ? Dans le temps, tu t'enlises
Et tu ne vis plus que dans l'écho de la brise
Parfois, parfois...

Pauvre Verlaine,
Il lui faudra beaucoup pleurer
Ce soir.

 

 Salvatore Adamo

 

 

 


Par Guillaume Riou
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Jeudi 14 mai 2009

Voici un poème d’Eduard Mörike datant de 1827, qui plaira sans nul doute aux noctambules :

 

 

Um Mitternacht

 

Gelassen stieg die Nacht ans Land,

Lehnt träumend an der Berge Wand,

Ihr Auge sieht die goldne Waage nun

Der Zeit in gleichen Schalen stille ruhn;

Und kecker rauschen die Quellen hervor,

Sie singen der Mutter, der Nacht, ins Ohr

Vom Tage,

Vom heute gewesenen Tage.

 

Das uralt alte Schlummerlied,

Sie achtets nicht, sie ist es müd;

Ihr klingt des Himmels Bläue süßer noch,

Der flüchtgen Stunden gleichgeschwungnes Joch.

Doch immer behalten die Quellen das Wort,

Es singen die Wasser im Schlafe noch fort

Vom Tage,

Vom Heute gewesenen Tage.

 

von Eduard Mörike

 

 Foret de nuit, par Manu Larcenet

 

A Minuit

 

Paisible, la nuit s’est posée sur la campagne,

Et s’appuie, rêveuse, à la paroi des monts.

Elle voit la balance d’or

Du temps, qui repose, en équilibre ;

Et les sources bruissent, plus hardies,

Elles chantent à l’oreille de la Mère-Nuit

Le jour enfui,

Le jour qui fut aujourd’hui.

 

Cette vieille et antique berceuse,

La nuit en est lasse.

Elle préfère écouter le bleu du ciel

L’arc pur des heures fugitives

Mais les sources gardent la parole,

Elles chantent encore dans leur sommeil

Le jour enfui,

Le jour qui fut aujourd’hui.

 

 

Traduction arrangée, basée sur celles de Rémi Laureillard et de Cécile Millot

Par Guillaume Riou
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Jeudi 16 avril 2009

Dans le cadre du printemps des poètes 2009, je vous fais part de mon choix de poèmes sur le thème du Rire :



Clé de voûte

   

Dans le cloître, à Chester, le muret du jardin est si bas que les jeunes filles assises sont tenues de fermer les genoux. Deux grandes qui ont oublié les ouvrent. Les courbes y sont pures, elles convergent dans l’ombre comme au faîte de la cathédrale. Le gothique est un art plus ancien qu’on ne dit.

 

Georges L. Godeau

 

 

La force de l’habitude

 

Une jeune fille récite un poème
Je n’aime pas le poème

mais je crois que j’aime la jeune fille

alors j’y vais de bon cœur

j’applaudis à tout casser…

Quand on a fini de déblayer les décombres

la jeune fille se relève

tant bien que mal

et repoussant les brancardiers

m’apostrophe durement

me laissant entendre

que c’est très beau de s’enthousiasmer

sympathique et tout

mais qu’au moment où je l’ai interrompue

elle avait encore sept cent quatre-vingt-huit vers à dire

et que j’aurais pu au moins

attendre la fin... 

 

Pierre Ferran



 

Le paon

 

En faisant la roue, cet oiseau

Dont le pennage traîne à terre,

Apparaît encore plus beau,

Mais se découvre le derrière.

 

Guillaume Apollinaire

 

 

 

LA SOUPE ET LES NUAGES

 

 

Ma petite folle bien-aimée me donnait à dîner, et par la fenêtre ouverte de la salle à manger, je contemplais les mouvantes architectures que Dieu fait avec les vapeurs, les merveilleuses constructions de l’impalpable. Et je me disais à travers ma contemplation : « - toutes ces fantasmagories sont presque aussi belles que les yeux de ma belle bien-aimée, la petite folle monstrueuse aux yeux verts. »

  Et tout à coup je reçus un violent coup de poing dans le dos, et j’entendis une voix rauque et charmante, une voix hystérique et comme enrouée par l’eau-de-vie, la voix de ma chère bien-aimée, qui disait : « -Allez-vous bientôt manger votre soupe, s…. b…. de marchand de nuages ? ».

 

Charles Baudelaire

  


 

L’ELIXIR POUR LES GORILLES

 

Autrefois c’était tout plein

De gorille sur la terre :

Il y en avait des malins,

Des brutes, des terres à terre.

 

Les malins voulaient avoir

Pour eux seuls toute la place ;

Dirent un jour : « faudrait voir

A ce qu’on se débarrasse

 

De ces pauvres illettrés,

Sans nul esprit, malhabiles,

Chétifs, souffreteux, débiles,

Qui surpeuplent nos forêts ! »

 

Finirent par réussir

A les chasser du royaume

A l’aide d’un élixir

Qui les transforma en hommes !

 

N’oublions par désormais

Que chacun de nos semblables

Peut être un gorille mais

Est-ce que c’est reconnaissable ?

 

Pierre Ferran

 

 

 

Statue d’homme d’Etat

 

 

C’était un bavard de talent très mince ;

Et, pendant trente ans, il avait été

Fameux à Paris, grand homme en province,

Ministre deux fois, toujours député.

 

Traité d’éminent et de sympathique,

Il avait trahi deux ou trois serments,

Ainsi qu’il convient dans la politique…

Bref, c’était l’honneur de nos parlements.

 

Il mourut. Sa ville – elle était très fière

D’avoir enfanté ce contemporain ! –

Dès qu’il fut enfin muet dans la bière,

Le fit sans tarder revivre en airain.

 

J’ai vu sa statue. Elle est sur la place

Où se tient aussi le marché couvert.

C’est bien l’orateur ; son geste menace,

Et sa redingote est en bronze vert.

 

Mais les bons ruraux, vile multitude,

Vendant les produits du pays natal,

Sans y voir malice et par habitude,

Laissent leurs baudets près du piédestal ;

 

Et tous les lundis, quand les paysannes

Sous les piliers noirs viennent se ranger,

Le tribun d’airain harangue les ânes …

Et ça ne doit pas beaucoup le changer.

 

 

François Coppée

 

 

 

SUR DES TOMBES DE CHIENS

 

 

Avec raison, sous cet ombrage,

On a fait des tombeaux aux chiens,

Car s’ils n’avaient parfois la rage,

Ils vaudraient mieux que des chrétiens.

 

Théophile Gautier

 

 

 

Les Augures

 

Certain jeune homme en quête de carrière

mais en tous cas voulant servir l’Esprit,

ne savait trop s’il voulait, ou bien faire

comme Cézanne, ou comme Valéry.

Car il avait par hasard en partage

talent de plume et talent de pinceau,

et sagement craignait du gaspillage

s’il voulait jouer sur un double tableau.

Donc il crut bon en cette conjoncture

d’aller montrer quelques productions

dans les deux genres, à deux graves Augures.

Le premier dit : « Sans hésitations,

mon jeune Ami, faites de la peinture ! »

et le second : « Pas d’erreur ! Il vous faut

prendre la plume et lâcher le pinceau ! »

 

La question n’est pas en l’occurrence

de savoir quel était son vrai talent,

mais de noter… - ce n’est évidemment,

bien sûr, qu’une coïncidence

drôle à conter – le petit fait suivant :

Le premier de ces aimables Augures

exerçait le beau métier d’écrivain.

Et le second de ces fameux devins…

c’est curieux… faisait de la peinture.

 

 

Samivel, in Chapeaux pointus, Ed. Stock, 1945

Par Guillaume Riou
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Mardi 31 mars 2009

 

Parmi les œuvres noires, cérébrales et torturées d’Antonin Artaud, j’extrais aujourd'hui ce poème-exception…

 

 

L’AMOUR SANS TREVE

 

Ce triangle d’eau qui a soif

cette route sans écriture

Madame, et le signe de vos mâtures

sur cette mer où je me noie

 

Les messages de vos cheveux

le coup de fusil de vos lèvres

cet orage qui m’enlève

dans le sillage de vos yeux.

 

Cette ombre enfin, sur le rivage

où la vie fait trêve, et le vent,

et l’horrible piétinement

de la foule sur mon passage.

 

Quand je lève les yeux vers vous

on dirait que le monde tremble,

et les feux de l’amour ressemblent

aux caresses de votre époux.

 

 

Antonin Artaud, textes de sa période surréaliste, in L’ombilic des Limbes et autres textes, chez Gallimard, 1999.


 

 























Par Guillaume Riou
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Lundi 2 mars 2009

 

Mountain energei

 

 

Mr Blairstowe and Mr Partridge
They said to me
To get a mortgage
You need an income lid
I thought it was free

Dolly Parton and Lord Byron
They said patriotism is the last refuge
But now its me

And water's flowing down the mountain
But a tree is blocking the water flowing

So I went fishing
A note from a fish said :
Dear dope, if you wanna catch us
You need a rod and a line
Signed the fish !

Water is flowing down the mountain
But a tree is blocking the water flowing

Went to the car rental
They said to me :
You need a log book and licence, son

Water's flowing down the mountain
But a tree is blocking the water coming
Mountain energei

And water's flowing down the mountain

 

 

The Fall

 

 



Par Guillaume Riou
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Si vous aimez le théâtre, que vous avez envie de passer un bon moment et de faire travailler vos zigomatiques... courrez voir la troupe des Accroplanches sur Annecy et ses environs ! 

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Envie de passer de bonnes soirées dans un café où le Rock est roi et les barmen sympas... posez-vous à L'indépendant en plein coeur d'Annecy (rue sommeiller, en face de Bonlieu) !

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Vous réviez de vous dépayser à quelques minutes de Nice... allez donc passer un week-end à l'auberge de l'Escaou dans le village de Coursegoules. Satisfaction garantie !

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Citations

 "Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie." François Truffaut 

"Occuper son esprit, c'est soulager son coeur." Constance de Salm-Dyck

"L'amitié est une âme à deux corps" Aristote

"C'est là ce qu'il ya dans l'homme de touchant et de beau, cette double aspiration vers ce qu'il désire et vers ce qu'il a perdu." Alexandre Humboldt (in Cosmos)

"Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes" Jacques Rouxel (auteur des Shadoks)

"En poésie, il faut chercher la lumière... même si l'on doit descendre très profond" Ile Eniger

"Hâte-toi, hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance." René Char (in Commune présence)

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