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   Coups de coeur
    

Livres

La ligne de fuite, BD de Christophe Dabitch et Benjamin Flao

King ink, de Nick Cave

Le petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupéry

La vie en éclats... au seuil de l'aurore, d'Alain Jacquier 

Archimondain jolipunk, de Camille De Toledo

Le grand pouvoir du Chninkel, BD de Rosinski et Van-Hamme

L'existentialisme est un humanisme, de Jean-Paul Sartre

L'ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon

Le collier des songes, de Jean Hyacinthe-Loyson

Le dessin, BD de Marc-Antoine Mathieu

Presque rien sur presque tout, de Jean D'Ormesson

Voies Off, de Nicolas Pothier & Yannick Corboz

Les ombres errantes, de Pascal Quignard

Le principe de Peter, de L.J. Peter & R. Hull

Journal en miettes, d'Eugène Ionesco

Ciné

The fountain, de Darren Aronofsky

Will Hunting, de Gus Van Sant

Das boot, de Wolfgang Petersen

Pulp Fiction, de Quentin Tarantino

La cité des anges, de Brad Silberling

Dune, de David Lynch 

La faille, de Gregory Hoblit 

Le cercle des poètes disparus, de Peter Weir 

C'est arrivé près de chez vous, de Rémy Belvaux

Pump up the volume, d'Allan Moyle

Joyeuses funérailles, de Frank Oz

Citizen Kane, d'Orson Welles

No country for old men, des frères Coen

Eyes wide shut, de Stanley Kubrick

13 tzameti, de Gela Babluani

Bienvenue à Gattaca, de Andrew Niccol

Duel, de Steven Spielberg

La cité de la peur, des Nuls

Pi, de Daren Aronofsky

Un poisson nommé Wanda, de Charles Crichton

L'armée des 12 singes, de Terry Gilliam

Les 9 reines, de Fabian Bielinsky

Master and commander, de Peter Weir

Les galettes de Pont-Aven, de Joël Seria

Gone Baby Gone, de Ben Affleck

Willow, de Ron Howard

Romeo + Juliette, de Baz Luhrmann

Le premier jour du reste de ta vie, de Rémi Bezançon

Soleil vert, de Richard Fleischer

Irreversible, de Gaspar Noé

Elephant man, de David Lynch

La neuvième porte, de Roman Polanski

Into the wild, de Sean Penn

Le crime de Mr Lange, de Jean Renoir

Walter, retour en résistance, de Gilles Perret

Secret Défense, de Philippe Haim

Musique

It means nothing, de Stereophonics

Not an addict, de K'S Choice

You cut her hair, de Tom McRae

Devil inside, d'Utada Hikaru

Hang me up to dry, des Cold War Kids

Je vis où tu m'as laissé, de Calogero

Jolene, de The White Stripes

Satisfaction, de Benny Benassi

Je recherche, de Mauss & Charlie

Long slow goodbye, des Queens of the Stone Age

Les mots bleus, de Christophe

One hundred years, de The Cure

Paradoxal système, de Laurent Voulzy

Twist in my sobriety, de Tanita Tikaram

A la longue, de Noir Désir

Stop, de Sam Brown

Starlight, de Muse

Rodéo, de Zazie

1979, des Smashing Pumpkins

Paint it black, des Rolling Stones

She's my heroine, de Skunk Anansie

Loser, de Beck

Come as you are, de Nirvana 

Fleur de saison, d'Emilie Simon

La nuit je mens, d'Alain Bashung

Where the streets have no name, de U2

Turn the page, de Metallica

Brest, de Miossec

Frozen, de Madonna

Because the night, de Patti Smith

Envole-moi, de Jean-Jacques Goldman

I sat sadly by her side, de Nick Cave

Bring the noise, de Benny Benassi vs Public Enemy

Volontaire, de Noir Désir & Bashung

Les nuits d'une demoiselle, de Colette Renard

Feel the sun, des Tindersticks

Jailer, de Asa

Still loving you, de Scorpions

Joining you, d'Alanis Morissette

The end, de The Doors

Hold the line, de Toto

Alcohol, de Beck

Underneath, remixé par John Dahlback

J'en rêve encore, de Gérald de Palmas

Take my breath away, de Berlin

Alice et June, d'Indochine

Brick, de Fake

Storm, de Storm

The days of Pearly Spencer, de David McWilliams

Police dogs bonfire, de Lazyboy

A ma place, de Zazie et Axel Bauer

After laughter, de Wendy Renée

Stuck in the middle with you, des Stealers Wheel

Lost in love, de Legend B

Veteran of the psychic wars, des Blue Oyster Cult

Waiting, de The Devlins

La clé des chants, de Mick est tout seul

Thunderstruck, d'ACDC

Tell me I'm wrong, d'Eskobar

Smells like teen spirit, int.par Patti Smith & Cali

Alma, d'I Muvrini

La carioca, par Les Nuls

Couleur café, de Serge Gainsbourg

Witchcrafts, de Malka Spigel

Woman, de Neneh Cherry

Ordinary world, des Duran Duran

Every me & every you, de Placebo

I know you love me too, de Chris Raven

Une seule vie, de Gérald de Palmas

Send me an angel, de Scorpion

Glory box, de Portishead

Drive, de The cars

Where is my mind ?, des Pixies

Let me think about it, de Ida Corr Vs Fedde le grand

Viva la vida, de Coldplay

Creep, de Radiohead

Crucify, de Tori Amos

Slow slow, de Ayo

Le tissu, de Jeanne Cherhal

Say it ain't so, de Murray Head

Under the bridge, des Red Hot Chili Peppers

U wanna rock, de Pakito

Africa, de Toto

Black snake moan, int.par Samuel L. Jackson

Summer sun, de Texas

Speed of sound, de Coldplay

Dust in the wind, de Kansas

Sea, sex and sun, de Serge Gainsbourg

Slave to love, de Bryan Ferry

Si j'étais elle, de Julien Clerc

The lovers are losing, de Keane


Steppe, de René Aubry

Don't stop the music, de Rihanna

Ca casse, de Maurane


She dies, de A place to bury strangers

Infinity 2008, par Guru Josh Project

Bad timing, de Deus


Mother earth, de Within temptation

Simply the best, de Tina Turner

Café bleu, de Soha

Hysteria, de Muse

Blink, de John Dahlback

Sober, de Pink

Army of me, de Bjork

Ma Baker, des Boney M

Qu'est-ce que vous voulez ?, de The Amazing

Blitzkrieg bop, de The Ramones

Cendrillon, de Téléphone

Everybody's got to learn sometime, de The Korgis

Birds, de Vitalic

Gevurah, de John Zorn

Nights in white satin, des Moody Blues

Bad news, de Moon Martin

Rebel Yell, de Billy Idol

Long nights, d'Eddie Vedder

Smoke on the water, de Deep Purple

Penalty, de Beirut

 

Beautiful days, de Venus


Ulysses, des Franz Ferdinand

Footloose, de Kenny Loggins

La sentinelle, de Luke

Gold, de Klee

It's only you, pt II, de Salem

School, de Supertramp

Man next door, de Massive Attack

Jesus he knows me, de Genesis

Oh Mandy, de The Spinto Band

Supermassive black hole, de Muse

Sleeping satellite, de Tasmin Archer

 

When the rain begins to fall, de Jermaine Jackson & Pia Zadora


Heavy cross, de The Gossip

 

Cat poeple, de David Bowie

 

In your hands, de Charlie Winston


Everybody knows, de Léonard Cohen

Séries TV

Californication, de Stephen Hopkins

Friends, de Marta Kauffman

La petite mosquée dans la prairie, de Zarqa Nawaz

Stargate SG1, de Jonathan Glassner

H, d'Abd-El-Kader Aoun & Cie

Scrubs, de Bill Lawrence

La 4eme dimension, de Ron Serling

NCIS, de Don Mc Gill

 

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Dimanche 4 janvier 2009

Léo Ferré compose un oratorio : La Chanson du mal aimé, sur un texte d'Apollinaire, qui sera créé à l'Opéra de Monte-Carlo le 29 avril 1954 sous sa direction, et sous le patronage du prince Rainier III de Monaco.

 

En 1957, il enregistre cet oratorio :



La chanson du mal-aimé

Et je chantais cette romance
En 1903 sans savoir

Que mon amour, à la semblance

Du beau Phénix, s'il meurt un soir

Le matin voit sa renaissance

 

Un soir de demi-brume à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu'il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte

 

Je suivis ce mauvais garçon

Qui sifflotait mains dans les poches

Nous semblions entre les maisons

Onde ouverte de la mer Rouge

Lui les Hébreux moi Pharaon

 

Que tombent ces vagues de briques

Si tu ne fus pas bien aimée

Je suis le souverain d'Égypte

Sa sœur-épouse, son armée

Si tu n'es pas l'amour unique

 

Au tournant d'une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant

 

C'était son regard d'inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d'une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l'amour même

 

Lorsqu'il fut de retour enfin

Dans sa patrie le sage Ulysse

Son vieux chien de lui se souvint

Près d'un tapis de haute lisse

Sa femme attendait qu'il revînt

 

L'époux royal de Sacontale

Las de vaincre se réjouit

Quand il la retrouva plus pâle

D'attente et d'amour yeux pâlis

Caressant sa gazelle mâle

 

J'ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux

 

Regrets sur quoi l'enfer se fonde

Qu'un ciel d'oubli s'ouvre à mes vœux

Pour son baiser les rois du monde

Seraient morts les pauvres fameux

Pour elle eussent vendu leur ombre

 

J'ai hiverné dans mon passé

Revienne le soleil de Pâques

Pour chauffer un cœur plus glacé

Que les quarante de Sébaste

Moins que ma vie martyrisés

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir

 

Adieu faux amour confondu

Avec la femme qui s'éloigne

Avec celle que j'ai perdue

L'année dernière en Allemagne

Et que je ne reverrai plus

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

Je me souviens d'une autre année

C'était l'aube d'un jour d'avril

J'ai chanté ma joie bien-aimée

Chanté l'amour à voix virile

Au moment d'amour de l'année

 

C'est le printemps viens-t'en Pâquette

Te promener au bois joli

Les poules dans la cour caquètent

L'aube au ciel fait de roses plis

L'amour chemine à ta conquête

 

Mars et Vénus sont revenus

Ils s'embrassent à bouches folles

Devant des sites ingénus

Où sous les roses qui feuillolent

De beaux dieux roses dansent nus

 

Viens ma tendresse est la régente

De la floraison qui paraît

La nature est belle et touchante

Pan sifflote dans la forêt

Les grenouilles humides chantent

 

Beaucoup de ces dieux ont péri

C'est sur eux que pleurent les saules

Le grand Pan l'amour Jésus-Christ

Sont bien morts et les chats miaulent

Dans la cour je pleure à Paris

 

Moi qui sais des lais pour les reines

Les complaintes de mes années

Des hymnes d'esclave aux murènes

La romance du mal-aimé

Et des chansons pour les sirènes

 

L'amour est mort j'en suis tremblant

J'adore de belles idoles

Les souvenirs lui ressemblant

Comme la femme de Mausole

Je reste fidèle et dolent

 

Je suis fidèle comme un dogue

Au maître le lierre au tronc

Et les Cosaques Zaporogues

Ivrognes pieux et larrons

Aux steppes et au décalogue

 

Portez comme un joug le Croissant

Qu'interrogent les astrologues

Je suis le Sultan tout-puissant

Ô mes Cosaques Zaporogues

Votre Seigneur éblouissant

 

Devenez mes sujets fidèles

Leur avait écrit le Sultan

Ils rirent à cette nouvelle

Et répondirent à l'instant

A la lueur d'une chandelle

 

Plus criminel que Barrabas

Cornu comme les mauvais anges

Quel Belzébuth es-tu là-bas

Nourri d'immondice et de fange

Nous n'irons pas à tes sabbats

 

Poisson pourri de Salonique

Long collier des sommeils affreux

D'yeux arrachés à coup de pique

Ta mère fit un pet foireux

Et tu naquis de sa colique

 

Bourreau de Podolie Amant

Des plaies des ulcères des croûtes

Groin de cochon cul de jument

Tes richesses garde-les toutes

Pour payer tes médicaments

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Canaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Dimanche 4 janvier 2009

 

Regret des yeux de la putain

Et belle comme une panthère

Amour vos baisers florentins

Avaient une saveur amère

Qui a rebuté nos destins

 

Ses regards laissaient une traîne

D'étoiles dans les soirs tremblants

Dans ses yeux nageaient les sirènes

Et nos baisers mordus sanglants

Faisaient pleurer nos fées marraines

 

Mais en vérité je l'attends

Avec mon cœur avec mon âme

Et sur le pont des Reviens-t'en

Si jamais revient cette femme

Je lui dirai Je suis content

 

Mon cœur et ma tête se vident

Tout le ciel s'écoule par eux

Ô mes tonneaux des Danaïdes

Comment faire pour être heureux

Comme un petit enfant candide

 

Comment faire pour être heureux

Comme un petit enfant candide

Je ne veux jamais l'oublier

Ma colombe ma blanche rade

Ô marguerite exfoliée

 

Mon île au loin ma Désirade

Ma rose mon giroflier

Les satyres et les pyraustes

Les égypans les feux follets

Et les destins damnés ou faustes

 

La corde au cou comme à Calais

Sur ma douleur quel holocauste

Douleur qui double les destins

La licorne et le capricorne

Mon âme et mon corps incertain

 

Te fuient ô bûcher divin qu'ornent

Des astres des fleurs du matin

Malheur dieu pâle aux yeux d'ivoire

Tes prêtres fous t'ont-ils paré

Tes victimes en robe noire

 

Ont-elles vainement pleuré

Malheur dieu qu'il ne faut pas croire

Et toi qui me suis en rampant

Dieu de mes dieux morts en automne

Tu mesures combien d'empans

 

J'ai droit que la terre me donne

Ô mon ombre ô mon vieux serpent

Au soleil parce que tu l'aimes

Je t'ai menée souviens-t'en bien

Ténébreuse épouse que j'aime

 

Tu es à moi en n'étant rien

Ô mon ombre en deuil de moi-même

L'hiver est mort tout enneigé

On a brûlé les ruches blanches

Dans les jardins et les vergers

 

Les oiseaux chantent sur les branches

Le printemps clair l'avril léger

Mort d'immortels argyraspides

La neige aux boucliers d'argent

Fuit les dendrophores livides

 

Du printemps cher aux pauvres gens

Qui resourient les yeux humides

Et moi j'ai le cœur aussi gros

Qu'un cul de dame damascène

Ô mon amour je t'aimais trop

 

Et maintenant j'ai trop de peine

Les sept épées hors du fourreau

Les sept épées hors du fourreau

Sept épées de mélancolie

Sept épées de mélancolie

 

Sans morfil ô claires douleurs

Sans morfil ô claires douleurs

Sont dans mon cœur et la folie

Veut raisonner pour mon malheur

Comment voulez-vous que j'oublie

 

La première est toute d'argent

Et son nom tremblant c'est Pâline

Sa lame un ciel d'hiver neigeant

Son destin sanglant gibeline

Vulcain mourut en la forgeant

 

La seconde nommée Noubosse

Est un bel arc-en-ciel joyeux

Les dieux s'en servent à leurs noces

Elle a tué trente Bé-Rieux

Et fut douée par Carabosse

 

La troisième bleu féminin

N'en est pas moins un chibriape

Appelé Lul de Faltenin

Et que porte sur une nappe

L'Hermès Ernest devenu nain

 

La quatrième Malourène

Est un fleuve vert et doré

C'est le soir quand les riveraines

Y baignent leurs corps adorés

Et des chants de rameurs s'y traînent

 

La cinquième Sainte-Fabeau

C'est la plus belle des quenouilles

C'est un cyprès sur un tombeau

Où les quatre vents s'agenouillent

Et chaque nuit c'est un flambeau

 

La sixième métal de gloire

C'est l'ami aux si douces mains

Dont chaque matin nous sépare

Adieu voilà votre chemin

Les coqs s'épuisaient en fanfares

 

Et la septième s'exténue

Une femme une rose morte

Merci que le dernier venu

Sur mon amour ferme la porte

Je ne vous ai jamais connue

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

Les démons du hasard selon

Le chant du firmament nous mènent

A sons perdus leurs violons

Font danser notre race humaine

Sur la descente à reculons

 

Destins destins impénétrables

Rois secoués par la folie

Et ces grelottantes étoiles

De fausses femmes dans vos lits

Aux déserts que l'histoire accable

 

Luitpold le vieux prince régent

Tuteur de deux royautés folles

Sanglote-t-il en y songeant

Quand vacillent les lucioles

Mouches dorées de la Saint-Jean

 

Près d'un château sans châtelaine

La barque aux barcarols chantants

Sur un lac blanc et sous l'haleine

Des vents qui tremblent au printemps

Voguait cygne mourant sirène

 

Un jour le roi dans l'eau d'argent

Se noya puis la bouche ouverte

Il s'en revint en surnageant

Sur la rive dormir inerte

Face tournée au ciel changeant

 

Juin ton soleil ardente lyre

Brûle mes doigts endoloris

Triste et mélodieux délire

J'erre à travers mon beau Paris

Sans avoir le cœur d'y mourir

 

Guillaume Apollinaire

 


Interview télévisée (1972)
Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Jeudi 1 janvier 2009
Par Guillaume Riou - Publié dans : Philo et autres...
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Lundi 29 décembre 2008

 

(UN JOUR SUR DEUX C’EST MOI LA LUNE)

 

Un jour sur deux c’est moi la lune

et toi, l’immense terre qui m’attires,

et cette nuit c’est toi la lune

- moi je te tiens en laisse -

 

je le sais, tu rêves de moi et me caresses,

et les globules de mon sang le savent bien,

et chacun de mes nerfs qui se tend comme un arc

ou la harpe éolienne émue du moindre souffle.

 

 

(A GIORNI ALTERNI SONO IO LA LUNA)

 

A giorni alterni sono io la luna

e tu l’immensa terra che mi attira,

e questa nottetu, tu sei la luna

- io ti tengo al guinzaglio –

 

so che mi stai sognando, mi accarezzi,

i globuli lo sanno del mio sangue,

ogni mio nervo teso come ogni arco

o un’arpa eolia che vibra al respiro.

   

Maria Luisa Spaziani, in La traversata dell’oasi (2002), Ed. Arnoldo Mondadori.

 

   

 

APRES LA TEMPETE

 

Par des cieux inédits plane un parfum de glace.

C’est le pont Mirabeau, ou est-ce l’arc-en-ciel ?

Avant Apollinaire il n’existait pas même,

mais je sais un vieillard qui jadis y passa.

 

Coule, coule la Seine, en liturgie sans fin,

c’est l’eau telle la vie, l’onde telle l’amour.

C’est la lymphe secrète et plus secrète odeur

d’un ange imaginé par les quatre cent plumes*.

 

Tranquille elle s’écoule et nous emporte au diable

de joie pyrotechnique en désastre brumeux

Une rose de sang flotte sur le courant

Salutation du pont au poète des astres.

 

* référence aux 400 écrivains qui, selon Apollinaire, ont fait le mythe de la ville de Paris (note de l’auteur)

 

 

DOPO LA TEMPESTA

 

Plana da cieli inediti un’aria di gelato.

É il ponte Mirabeau o é l’arcobaleno ?

Prima di Apollinaire lui non c’era nemmeno,

pure conosco un vecchio che prima c’è passato.

 

La Senna scorre, scorre, perenne liturgia,

acqua come la vita, onda come l’amore.

É la linfa segreta, il più segreto odore

di un angelo inventato da quattrocento penne.

 

Scorre via e ci porta tranquillamente al diavolo

fra gioie pirotechniche e nebbioso disastri.

Una rosa di sangue fluttua sulla corrente.

Un saluto del ponte al poeta degli astri.

 

Maria Luisa Spaziani, in Transito con catene (1977)


 

 

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Dimanche 21 décembre 2008

Je regardais une pierre ;

La pierre s’est mise à rire

Un rire cynique et dur.

Comme cela est étrange

De voir une pierre rire

Pour la première fois.

Je suis brusquement très mal à l’aise

Et je hais cette pierre

Qui autrefois m’apportait la paix.

Aujourd’hui c’est l’angoisse.

Avant, je regardais sans être vu

Maintenant… c’est fini.

La pierre a grossi démesurément,

Elle est devenue le monde.
Il faut chercher à comprendre.


Poème de Jean Orizet, in Les citadelles : revue n° 9 (2004)

   

 
Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Dimanche 14 décembre 2008

 

Amour fraternel

 

Etat ambigu

Aux frontières de l’amitié

 

Comme un lien des âmes… tissé de désir

 

Rencontre insolite

Aventure floue

Chemin partagé

 

Au gré des passions, des indécisions

On s’aime on souffre

On souffre on s’aime

 

Elle photographie l’amour comme pour l’attraper

Elle en rêve dans mes bras, mais sans moi.

J’écris l’amour comme pour l’attraper

J’en rêve sous ses ailes, mais sans elle.

 

Flashs de bonheur

Vers de plaisir

 

Les feux de notre complicité

Veilleront toujours

 

L’autre dans l’un

  L’un dans l’autre  



Guillaume Riou

Ombres, par Fabienne Gevaux

Par Guillaume Riou - Publié dans : Quelques-uns de mes écrits...
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Vendredi 12 décembre 2008

 

Allez danse, danse, vient dans mes bras,
Allez tourne, tourne, reste avec moi,
Allez partons vite si tu veux bien, dès le jour,
Le soleil brille très haut tu sais,
Mais j'aime ça, je t'attendais
Alors partons vite si tu veux bien, Sans retour...

Rit plus fort et parle-moi
De nos projets, de nos rêves tout ça
Donne-moi la main, embrasse-moi, mon amour
Le temps comme ami, moi je veux bien
Mais les amis ça va, ça vient,
Alors partons vite brûler le jour et la nuit

Evidemment, tu l'aimes encore,
Je le vois bien tu sais, et puis alors ?
Mais pour l'instant ferme tes yeux, passe ta main dans mes cheveux.

Je veux entendre, ton cœur qui bat, tu sais, je crois qu'il chante pour moi
Mais en douceur comme ça tout bas, comme un sourd
Mon cœur lui s'emballe, il vole haut, peut être un peut trop haut pour moi
Mais je m'en fou, je suis vivant pour de bon

Allez danse, danse, regarde-moi
Allez tourne, tourne, ne t'arrête pas
Allez partons vite, si tu veux bien, dès le jour
le soleil brille, profitons-en
Je t'attendrai, je t'aime tant
Alors vas-t'en vite si tu veux bien, sans retour

Evidemment, tu l'aimes encore,
Ça crève les yeux mon dieu, Tu l'aimes encore
Mais pour l'instant ferme tes yeux, passe ta main dans mes cheveux

Allez danse mon amour ! Allez danse !
Faisons de nos enfants des droits !
Fait tourner le monde mon amour, fait tourner le monde

Allez danse, danse, retourne-toi
Allez tourne, tourne, ne t'arrête pas
Allez partons vite, si tu veux bien, dès le jour
J'ai manqué d'air je m'en souviens,
Toutes ses années sans toi sans rien
Même mes chansons se baladaient le cœur lourd

Evidemment, tu l'aimes encore,
Ça crève les yeux mon dieu, ça crève les yeux mon dieu
Mon dieu...

 

Kaolin, Partons vite, morceau de l’album Mélanger les couleurs



 

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Dimanche 7 décembre 2008

Portrait de Nusche Eluard, par Picasso

A PABLO PICASSO

 

 

I

 

Les uns ont inventé l’ennui d’autres le rire

Certains taillent à la vie un manteau d’orage

Ils assomment les papillons font tourner les oiseaux en eau

Et s’en vont mourir dans le noir

 

Toi tu as ouvert des yeux qui vont leur voie

Parmi les choses naturelles à tous les âges

Tu as fait la moisson des choses naturelles

Et tu sèmes pout tous les temps

 

On te prêchait l’âme et le corps

Tu as remis la tête sur le corps

Tu as percé la langue d l’homme rassasié

Tu as brûlé le pain bénit de la beauté

Un seul cœur anima l’idole et les esclaves

 

Et parmi tes victimes tu continues à travailler

Innocemment

 

C’en est fini des joies greffées sur le chagrin.

 

 

II

 

Un bol d’air bouclier de lumière

 

Derrière ton regard aux trois épées croisées

Tes cheveux nattent le vent rebelle

Sous ton teint renversé la coupole et la hache de ton front

Délivrent la bouche tendue à nu

Ton nez est rond et calme

Les sourcils sont légers l’oreille est transparente

 

A ta vue je sais que rien n’est perdu.

 

 

III

 

Fini d’errer tout est possible

Puisque la table est droite comme un chêne

Couleur de bure couleur d’espoir

Puisque dans notre champ petit comme un diamant

Tient le reflet de toutes les étoiles

 

Tout est possible on est ami avec l’homme et la bête

A la façon de l’arc-en-ciel

 

Tour à tour brûlante et glaciale

Notre volonté est de nacre

Elle change de bourgeons et de fleurs non selon l’heure mais selon

La main et l’œil que nous nous ignorions

 

Nous toucherons tout ce que nous voyons

Aussi bien le ciel que la femme

Nous joignons nos mains à nos yeux

La fête est nouvelle.

 

 

IV

 

L’oreille du taureau à la fenêtre

De la maison sauvage où le soleil blessé

Un soleil d’intérieur se terre

 

Tentures du réveil les parois de la chambre

Ont vaincu le sommeil.

 

 

V

 

Est-il argile plus aride que tous ces journaux déchirés

Avec lesquels tu te lanças à la conquête de l’aurore

De l’aurore d’un simple objet

 

Tu dessines avec amour ce qui attendait d’exister

Tu dessines dans le vide

Comme on ne dessine pas

 

Généreusement tu découpas la forme d’un poulet

Tes mains jouèrent avec ton paquet de tabac

Avec un verre avec un litre qui gagnèrent

 

Le monde enfant sortit d’un songe

 

Bon vent pour la guitare et pour l’oiseau

Une seule passion pour le lit et la barque

Pour la verdure morte et pour le vin nouveau

 

Les jambes des baigneuses dénudent vague et plage

Matin tes volets bleus se ferment sur la nuit

Dans les sillons la caille a l’odeur de noisette

Des vieux mois d’Août et des jeudis

Récoltes bariolées paysannes sonores

Ecailles des marais sécheresse des nids

 

Visage aux hirondelles amères au couchant rauque

 

Le matin allume un fruit vert

Dore les blés les joues les cœurs

Tu tiens la flamme entre tes doigts

Et tu peins comme un incendie

 

Enfin la flamme unit enfin la flamme sauve.

 

 

VI

 

Je reconnais l’image variable de la femme

Astre double miroir mouvant

La négatrice du désert et de l’oubli

Source aux seins de bruyère étincelle confiance

Donnant le jour au jour et son sang au sang

 

Je t’entends chanter sa chanson

Ses mille formes imaginaires

Ses couleurs qui préparent le lit de la campagne

Puis qui s’en vont teinter des mirages nocturnes

 

Et quand la caresse s’enfuit

Reste l’immense violence

Reste l’injure aux ailes lasses

Sombre métamorphose un peuple solitaire

Que le malheur dévore

 

Drame de voir où il n’y a rien à voir

Que soi et ce qui est semblable à soi

 

Tu ne peux pas t’anéantir

Tout renaît sous tes yeux justes

 

Et sur les fondations des souvenirs présents

Sans ordre ni désordre avec simplicité

S’élève le prestige de donner à voir.


Paul Eluard, in Cahiers d'Art n°3-10, 1938


Eluard et Picasso sur la plage de Juan-les-Pins (photo par Eileen Agar)

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Lundi 17 novembre 2008

Souvenir d'une nuit noire de chute vertigineuse... 



Février 2008,

Nuit d'hiver sur l'avenue d'Albigny


Les yeux d’Annecy

Se mirent dans le lac d’encre

Le froid me saisi,

Glace mon torse et s’y ancre.

 

Solitude, qui m’étreint,

Allège un peu ton joug !

Mes efforts restent vains,

Tu vas me rendre fou.

 

Cette nuit s’est abattu

Le sceau du désespoir.

Pourquoi encore bats-tu

Mon cœur, dans le noir ?

 

Aux entrailles des astres

Le vide m’aspire.

Mon existence est un désastre

Regarde, enfant, ce qu’est ton avenir !

 

A défaut de vivre mes rêves,

De vivre… je rêve.


Guillaume Riou


Photo nocturne d'Annecy par Fabienne Gevaux

Par Guillaume Riou - Publié dans : Quelques-uns de mes écrits...
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Mardi 28 octobre 2008
Lumière sur le patois savoyard avec deux fables de La Fontaine revisitées par la poétesse du XIXeme siècle Amélie Gex.
Textes et traductions qui sauront, j’en suis sûr, plaire à Heïdi : jolie Tholoméenne.  


 

LE CORBA ET LE RENARD

 

‘Na fâi, on corba, ne sé comma,

Avâit diên son bet onna tomma,

Et chô corba s’étâit plantâ

P’étre a son aise pe goutâ

Ou pe s’areposâ, de suppôse,

Chu la prinma cema d’on sôze.

Drâi dezo lui, maitre renard,

Ein levant le groin, l’aguétâve

Et totêintre lui se pêinsâve :

Tomma, fromaze ou bin tignard,

Quint bon morcheau pe-r-on golliard,

Si p’adresse ou pe-r-hasard,

Tot d’on coup pe terra tombâve.

  Veyant le corba que s’apprestâve

A croquâ le bocon sêin regret,

Mon drôle sort de son taret

Et preniant sa voué de grand féta :

Holà ! holà ! le brave âigeau

Qu’y a chu ceta brance lé n’haut,

Qu’i dit êin sgognant la téta,

Jamais de ma vivanta via

D’ai riên vio de si biên habelia.

Monchu, vrémêint de poui pas dire

Cé que d’âmo vo vâi traluire

Le bet, la quoua et le cosson,

Mais vo-s-arâ meliu façon

Si vo çantâva ‘na çanson.

  Fiar, comme le râi noutron sire,

De s’êintêindre se bien blaguâ,

A l’hasard de se fateguâ,

Maitre corba vire et revire

Sa quoua que fâ le molinet.

Poué, tot d’on têim, uvrant son bet

De totta grandeur de sa fêinta,

I vout commêinché ‘na complêinta,

Sêin plus repêinsâ, le maraud,

A la tomma que tombe a garaud

Devant le renard que l’êimboque.

- Monchu, chô goutâ que de croque

Me revint naturélamêint

Pe me payé mon complimêint.

- De veyo bin que te te moque.

Dit le corba tot attrapâ,

Mais va, te me reprêindré pas

A te forni ‘n’autro repas !...

 

 



LE CORBEAU ET LE RENARD

 

Une fois, un corbeau, je ne sais comme,

Avait dans son bec une tomme,

Et ce corbeau s’était planté

Pour être à son aise pour goûter

Ou pour se reposer, je suppose,

Sur la fine pointe d’un saule,

Juste dessous lui, maître renard,

En levant le museau, le regardait

Et entre lui se pensait :

Tomme, fromage ou bien tignard,

Quel bon morceau pour un gourmand,

Si par adresse ou par hasard,

Tout d’un coup par terre il tombait.

  Voyant le corbeau qui se préparait

A croquer le morceau sans regret,

Mon drôle sort de son terrier

Et prenant sa voix de grande fête :

Holà ! holà ! le joli oiseau

Qui est sur cette branche là-haut,

Qu’il dit en branlant la tête,

Jamais de ma vivante vie

J’ai rien vu de si bien habillé.

Monsieur, vraiment je ne puis pas dire

Ce que j’aime à vous voir reluire

Le bec, la queue et le dos,

Mais vous auriez meilleure façon

Si vous chantiez une chanson.

  Fier comme le roi notre sire,

De s’entendre si bien flatté,

Au hasard de se fatiguer,

Maître corbeau tourne et retourne

Sa queue qui fait le moulinet.

Puis, tout d’un temps, ouvrant son bec

De toute la grandeur de sa fente,

Il veut commencer une complainte,

Sans plus repenser, le maraud,

A la tomme qui tombe d’un seul morceau

Devant le renard qui l’avale.

- Monsieur, ce goûter que je croque

Me revient naturellement

Pour me payer mon compliment.

- Je vois bien que tu te moques,

Dit le corbeau tout attrapé,

Mais va, tu en me reprendras pas

A te fournir un autre repas !… 





 

LA FABLA DE LA CEGALA ET DE LA FROMI

 

Onna cegâla, u mâi de juin,

Pêindêint que çacon mâissonnâve,

A dêpoué que l’arba poêintâve

Tant qu’u darnié-r angelu a moêin

Chu on amandrolié çantâve.

Le passa totta la sâison

A débrottâ son oraison,

Sêin pêinsâ qu’u têim de la bise

Que soffle lo ché mâi de l’an,

Ein ne se betant riên de flan

Elle allâve s’êin vâi de grise…

Quant la saint Metié fut venu,

Ayant media so revenu,

Le va tié la fromi, sa vesenna,

Que frecotâve êin sa cosenna :

« Dama, porrâvo me prétâ,

Tant la mêin pe me seustantâ,

Quôque gran d’uerzo ou bin d’avâina ?

Vo le rêindrâi diên laquinzâina

Lo-s-intérêt… biên êintêindu,

I ne faut pas n’êin treyé pêina,

Dama, n’y ara riên de pardu. »

La fromi passe p’être avâre ;

L’âme pas prétâ so-s-affâre.

- Qu’â-te fê pêindêint le çaud têim ?…

Qu’elle démande a cela commâre.

- Dama, fagéve si beau teim

Chu l’abro yeu m’a fé ma mâre

Qu’a, dê Pâque a la mi-out,

D’ai çantâ sêin cratié dou coup !

- Eh ! qu’â te besuin de provêinde ?

Repond la fromi sêin façon ;

Si t’â tant çantâ pe mâisson

Te pou bin danché pe çaleinde !…

 



 

LA FABLE DE LA CIGALE ET DE LA FOURMI

 

Une cigale, au mois de juin,

Pendant que chacun moissonnait,

Depuis que l’aube pointait

Jusqu’au dernier angélus, au moins,

Sur un amandier chantait.

Elle passa toute la saison

A débiter son oraison,

Sans penser qu’au temps de la bise

Qui souffle les six mois de l’an,

En ne mettant rien de côté

Elle allait s’en voir de grises.

Quand la Saint-Michel fut venue,

Ayant mangé ses revenus,

Elle va chez la fourmi, sa voisine,

Qui fricotait dans sa cuisine :

« Madame, pourriez-vous me prêter,

Tant seulement pour me substanter,

Quelques grains d’orge ou bien d’avoine ?

Je vous les rendrai dans la quinzaine

Les intérêts… bien entendu.

Il ne faut pas être en peine,

Madame, il n’y aura rien de perdu. »

La fourmi passe pour être avare ;

Elle n’aime pas prêter ses affaires.

- Qu’as-tu fait pendant l’été ?

Qu’elle demande à cette commère.

- Madame, il faisait si beau temps

Sur l’arbre où m’a fait ma mère,

Que depuis Pâques à la mi-août

J’ai chanté sans cracher deux fois.

- Eh ! qu’as-tu besoin de provende ?

Répond la fourmi sans façons ;

Si tu as tant chanté pour moissons

Tu peux bien danser pour Noël…

   

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Dimanche 26 octobre 2008

 

RESSOURCE


La montagne au pied d'argile, souveraine et altière
Se dresse sous mes pas, âme géante aux tempes blanches.

Contre ses flancs de roche,
Je succombe au charme doux des grands espaces.

Mon torse enfle de sérénité,
Sur la piste des bergers philosophes et des alpinistes fous.
 



Guillaume Riou

"Tatoo landscape" de Huang Yan

Par Guillaume Riou - Publié dans : Quelques-uns de mes écrits...
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Samedi 18 octobre 2008

Je ne pouvais manquer de partager avec vous une animation Flash que j'ai trouvé en naviguant sur le web. Son auteur, Laith Bahrani, s'est appliqué avec talent et poésie à illustrer le morceau génial et mélancolique du groupe Radiohead : Creep.


When you were here before
Couldn't look you in the eye
You're just like an angel
Your skin makes me cry
You float like a feather
In a beautiful world
I wish I was special
You're so very special

But I'm a creep
I'm a weirdo
What the hell
am I doing here?
I don't belong here

I don't care if it hurts
I want to have control
I want a perfect body
I want a perfect soul
I want you to notice when I'm not around
You're so very special
I wish I was special

But I'm a creep
I'm a weirdo
What the hell I'm doing here?
I don't belong here

She's running out the door
She's running out
She run run run

Whatever makes you happy
Whatever you want
You're so very special
I wish I was special

But I'm a creep
I'm a weirdo
What the hell am I doing here?
I don't belong here
I don't belong here



Quand tu étais ici autrefois
Je ne pouvais pas te regarder dans les yeux
Tu as l'air d'un ange
Ta beauté me fait pleurer
Tu flottes comme une plume,
Dans un monde merveilleux
Et je voudrais être spécial,
Tu es tellement particulière
 
Mais je suis un minable,
Je suis un raté
Qu'est-ce que je fous ici ?
Ma place n'est pas ici
 
Ca m'est égal si ca fait mal
Je veux avoir le contrôle
Je veux un corps parfait
Je veux une âme parfaite
Je veux que tu remarques
Quand je ne suis pas
la
Tu es tellement spéciale,
Je voudrais être particulier
 
Mais je suis un minable,
Je suis un raté
Qu'est-ce que je fous ici ?
Ma place n'est pas ici
 
Elle s'enfuit encore,
Elle s'enfuit
Elle court, court, court...
 
Quoi que ce soit qui te rende heureuse,
Quoi que tu veuilles,
Tu es tellement spéciale
Je voudrais être particulier...
 
Mais je suis un minable,
Je suis un raté
Qu'est-ce que je fous ici ?
Ma place n'est pas ici
Ma place n'est pas ici.

 

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Si vous aimez le théâtre, que vous avez envie de passer un bon moment et de faire travailler vos zigomatiques... courrez voir la troupe des Accroplanches sur Annecy et ses environs ! 

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Envie de passer de bonnes soirées dans un café où le Rock est roi et les barmen sympas... posez-vous à L'indépendant en plein coeur d'Annecy (rue sommeiller, en face de Bonlieu) !
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Devenez Fan du virtuose Rock : DJ Gaston Pluton !!!














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Vous réviez de vous dépayser à quelques minutes de Nice... allez donc passer un week-end à l'auberge de l'Escaou dans le village de Coursegoules. Satisfaction garantie ! 

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Citations

"Les poèmes sont des bouts d'existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort" René Char

"Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie."
François Truffaut 

"Occuper son esprit, c'est soulager son coeur." Constance de Salm-Dyck

"L'amitié est une âme à deux corps" Aristote

"C'est là ce qu'il ya dans l'homme de touchant et de beau, cette double aspiration vers ce qu'il désire et vers ce qu'il a perdu." Alexandre Humboldt (in Cosmos)

"Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes" Jacques Rouxel (auteur des Shadoks)

"Un grain de poésie suffit à parfumer tout un siècle !" José Marti

"Comme cela nous semblerait flou, inconsistant et inquiétant Une tête de vivant... s'il n'y avait une tête de mort dedans." Jacques Prévert

"Le rêve que fait la note digne de ce nom, c’est d’échapper à sa nature fugitive, à sa chrysalide sans issue, à son éventuelle distribution, à sa noyade dans le général. (...) Elle suggère. N’insiste jamais ; fait souffrir — le souhaiterait — sans laisser jouir. Disons qu’elle est d’essence féminine." Georges Perros (in Papiers collés)

"En poésie, il faut chercher la lumière... même si l'on doit descendre très profond" Ile Eniger

"L'amour - c'est ce pays à l'infini ouvert par deux miroirs qui se font face" André Hardellet

"Hâte-toi, hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance." René Char (in Commune présence)

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