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La ligne de fuite, BD de Christophe Dabitch et Benjamin Flao

King ink, de Nick Cave

Le petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupéry

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Archimondain jolipunk, de Camille De Toledo

Le grand pouvoir du Chninkel, BD de Rosinski et Van-Hamme

L'existentialisme est un humanisme, de Jean-Paul Sartre

L'ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon

Le collier des songes, de Jean Hyacinthe-Loyson

Le dessin, BD de Marc-Antoine Mathieu

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Voies Off, de Nicolas Pothier & Yannick Corboz

Les ombres errantes, de Pascal Quignard

Le principe de Peter, de L.J. Peter & R. Hull

Journal en miettes, d'Eugène Ionesco

Ciné

The fountain, de Darren Aronofsky

Will Hunting, de Gus Van Sant

Das boot, de Wolfgang Petersen

Pulp Fiction, de Quentin Tarantino

La cité des anges, de Brad Silberling

Dune, de David Lynch 

La faille, de Gregory Hoblit 

Le cercle des poètes disparus, de Peter Weir 

C'est arrivé près de chez vous, de Rémy Belvaux

Pump up the volume, d'Allan Moyle

Joyeuses funérailles, de Frank Oz

Citizen Kane, d'Orson Welles

No country for old men, des frères Coen

Eyes wide shut, de Stanley Kubrick

13 tzameti, de Gela Babluani

Bienvenue à Gattaca, de Andrew Niccol

Duel, de Steven Spielberg

La cité de la peur, des Nuls

Pi, de Daren Aronofsky

Un poisson nommé Wanda, de Charles Crichton

L'armée des 12 singes, de Terry Gilliam

Les 9 reines, de Fabian Bielinsky

Master and commander, de Peter Weir

Les galettes de Pont-Aven, de Joël Seria

Gone Baby Gone, de Ben Affleck

Willow, de Ron Howard

Romeo + Juliette, de Baz Luhrmann

Le premier jour du reste de ta vie, de Rémi Bezançon

Soleil vert, de Richard Fleischer

Irreversible, de Gaspar Noé

Elephant man, de David Lynch

La neuvième porte, de Roman Polanski

Into the wild, de Sean Penn

Le crime de Mr Lange, de Jean Renoir

Walter, retour en résistance, de Gilles Perret

Musique

It means nothing, de Stereophonics

Not an addict, de K'S Choice

You cut her hair, de Tom McRae

Devil inside, d'Utada Hikaru

Hang me up to dry, des Cold War Kids

Je vis où tu m'as laissé, de Calogero

Jolene, de The White Stripes

Satisfaction, de Benny Benassi

Je recherche, de Mauss & Charlie

Long slow goodbye, des Queens of the Stone Age

Les mots bleus, de Christophe

One hundred years, de The Cure

Paradoxal système, de Laurent Voulzy

Twist in my sobriety, de Tanita Tikaram

A la longue, de Noir Désir

Stop, de Sam Brown

Starlight, de Muse

Rodéo, de Zazie

1979, des Smashing Pumpkins

Paint it black, des Rolling Stones

She's my heroine, de Skunk Anansie

Loser, de Beck

Come as you are, de Nirvana 

Fleur de saison, d'Emilie Simon

La nuit je mens, d'Alain Bashung

Where the streets have no name, de U2

Turn the page, de Metallica

Brest, de Miossec

Frozen, de Madonna

Because the night, de Patti Smith

Envole-moi, de Jean-Jacques Goldman

I sat sadly by her side, de Nick Cave

Bring the noise, de Benny Benassi vs Public Enemy

Volontaire, de Noir Désir & Bashung

Les nuits d'une demoiselle, de Colette Renard

Feel the sun, des Tindersticks

Jailer, de Asa

Still loving you, de Scorpions

Joining you, d'Alanis Morissette

The end, de The Doors

Hold the line, de Toto

Alcohol, de Beck

Underneath, remixé par John Dahlback

J'en rêve encore, de Gérald de Palmas

Take my breath away, de Berlin

Alice et June, d'Indochine

Brick, de Fake

Storm, de Storm

The days of Pearly Spencer, de David McWilliams

Police dogs bonfire, de Lazyboy

A ma place, de Zazie et Axel Bauer

After laughter, de Wendy Renée

Stuck in the middle with you, des Stealers Wheel

Lost in love, de Legend B

Veteran of the psychic wars, des Blue Oyster Cult

Waiting, de The Devlins

La clé des chants, de Mick est tout seul

Thunderstruck, d'ACDC

Tell me I'm wrong, d'Eskobar

Smells like teen spirit, int.par Patti Smith & Cali

Alma, d'I Muvrini

La carioca, par Les Nuls

Couleur café, de Serge Gainsbourg

Witchcrafts, de Malka Spigel

Woman, de Neneh Cherry

Ordinary world, des Duran Duran

Every me & every you, de Placebo

I know you love me too, de Chris Raven

Une seule vie, de Gérald de Palmas

Send me an angel, de Scorpion

Glory box, de Portishead

Drive, de The cars

Where is my mind ?, des Pixies

Let me think about it, de Ida Corr Vs Fedde le grand

Viva la vida, de Coldplay

Creep, de Radiohead

Crucify, de Tori Amos

Slow slow, de Ayo

Le tissu, de Jeanne Cherhal

Say it ain't so, de Murray Head

Under the bridge, des Red Hot Chili Peppers

U wanna rock, de Pakito

Africa, de Toto

Black snake moan, int.par Samuel L. Jackson

Summer sun, de Texas

Speed of sound, de Coldplay

Dust in the wind, de Kansas

Sea, sex and sun, de Serge Gainsbourg

Slave to love, de Bryan Ferry

Si j'étais elle, de Julien Clerc

The lovers are losing, de Keane


Steppe, de René Aubry

Don't stop the music, de Rihanna

Ca casse, de Maurane


She dies, de A place to bury strangers

Infinity 2008, par Guru Josh Project

Bad timing, de Deus


Mother earth, de Within temptation

Simply the best, de Tina Turner

Café bleu, de Soha

Hysteria, de Muse

Blink, de John Dahlback

Sober, de Pink

Army of me, de Bjork

Ma Baker, des Boney M

Qu'est-ce que vous voulez ?, de The Amazing

Blitzkrieg bop, de The Ramones

Cendrillon, de Téléphone

Everybody's got to learn sometime, de The Korgis

Birds, de Vitalic

Gevurah, de John Zorn

Nights in white satin, des Moody Blues

Bad news, de Moon Martin

Rebel Yell, de Billy Idol

Long nights, d'Eddie Vedder

Smoke on the water, de Deep Purple

Penalty, de Beirut

 

Beautiful days, de Venus


Ulysses, des Franz Ferdinand

Footloose, de Kenny Loggins

La sentinelle, de Luke

Gold, de Klee

It's only you, pt II, de Salem

School, de Supertramp

Man next door, de Massive Attack

Jesus he knows me, de Genesis

Oh Mandy, de The Spinto Band

Supermassive black hole, de Muse

Séries TV

Californication, de Stephen Hopkins

Friends, de Marta Kauffman

La petite mosquée dans la prairie, de Zarqa Nawaz

Stargate SG1, de Jonathan Glassner

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Scrubs, de Bill Lawrence

La 4eme dimension, de Ron Serling

NCIS, de Don Mc Gill

 

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Lundi 15 juin 2009

Tempête… mon premier poème, écrit en 1994 :

 

 

TEMPÊTE 

 

Une bise marine
Me brûle le visage,

Déposant au passage

Une froide eau saline.

 

Au loin l’orage gronde,

Le déluge menace,

Les nuages s’amassent

Proche est la fin du Monde !

 

ô mer tumultueuse,

ô abîme insondable,

Tu semble incontrôlable,

Magnifique, fabuleuse !

 

Ta cohorte de lames,

Lourdes phalanges d’eau,

Se jettent à l’assaut

Des récifs infâmes.

 

Rafales incroyables

Emportant de l’écume.

Dense et opaque brume,

Les cieux sont exécrables.

 

Tempête, tu es là

Au-dessus du poète,

Un regard il te jette,

Plein de peur et d’émoi.

 

 

Guillaume Riou

 

 

 

 .

Par Guillaume Riou - Publié dans : Quelques-uns de mes écrits...
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Mercredi 3 juin 2009

Voici un poème inédit sur la toile, de Jean-Pierre Tessier*, poète annécien qui vécut au XXe siècle. Il déclamait des vers aux passants à côté du puits Saint-Jean…

 

Neige

 

Je suis un nègre

Un sale nègre

Je suis celui qui n’est rien et qui n’a rien

Parce que je travaille pour le blanc ou pour le jaune.

Ah oui ! J’oubliais de vous dire

Moi je souris de toutes mes dents

Et parce que j’ai les cheveux crépus

Le nez camus

A Harlem, dans le ghetto de New York,

On m’appelle le nigger

Le Négus aussi

On dit face négroïde dans votre dictionnaire

Littré Larousse Robert

Le négro dans la rue

Le négrillon quand je suis petit

Ma femme elle m’appelle mon soleil noir

D’autres ma bête noir

Et que’que fois quand j’ai terminé le travail

Dans la case juste à gauche

On m’accompagne de que’ques rythmes avec les copains

Que d’autres appellent :

                                      Jazz

                                      Blues

                                      Negro-spirituals

                                      Gospels

                                      Free-jazz

                                      Rock.

Mois j’sais pas c’que ça veut dire ces mots-là

Tout ce que je sais

C’est que cette musique

Elle vient de là

Et ça s’explique pas

Ça se sent

Parce que on l’aime et qu’on se tait

Et qu’on est non violent

Je suis un nègre mal fait

Mal né

Et vous savez, quand je suis accroupi devant ma case,

Et que je vois le soleil qui se couche là-bas derrière la montagne

Je pleure

J’me dis

Qu’c’est p’t-être lui qui a noirci ma peau

Et la couleur de la peau ne change rien.

 

 

Jean-Pierre Tessier, Annecy, in Le Mouna Frères, journal d’un Don Quichotte, n°31 de 1987.

                                  

 

* Pour lire un poème-hommage de Michel Dunand sur Jean-Pierre Tessier, cliquez ici

 

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Dimanche 31 mai 2009


PAUVRE VERLAINE



S'il n'y avait le sourire des fleurs
A quel soleil chaufferais-je mon cœur
Sans toi ?
S'il n'y avait la chanson de la pluie
Qui bercerait mon cœur qui se languit
De toi ?

De toi, pauvre Verlaine,
Il lui faudra beaucoup pleurer
Ce soir

Je me souviens, le ciel était en pleurs
Et ça hurlait, les violons du malheur
Sans toi
Mais tu as peint ma vie à ta douceur
Et un grand feu a jailli dans mon cœur
Avec toi

Tu as cueilli tous mes rêves d'enfant
Pour les bercer sur les ailes du vent
Mais tu m'as laissé au cœur le goût amer
D'un bonheur perdu à peine découvert
Pourquoi ?

Tu es venue comme Dame Fortune
Tu es partie sur un rayon de lune
Pleure, Verlaine, les amours blessées
Pleure, Verlaine, les cœurs délaissés

Pour moi, pauvre Verlaine,
Il lui faudra beaucoup pleurer
Ce soir

Comme le fleuve amoureux de la mer
Je sens couler mes étés, mes hivers
Vers toi
Mais où es-tu ? Dans le temps, tu t'enlises
Et tu ne vis plus que dans l'écho de la brise
Parfois, parfois...

Pauvre Verlaine,
Il lui faudra beaucoup pleurer
Ce soir.

 

 Salvatore Adamo

 

 

 


Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Jeudi 14 mai 2009

Voici un poème d’Eduard Mörike datant de 1827, qui plaira sans nul doute aux noctambules :

 

 

Um Mitternacht

 

Gelassen stieg die Nacht ans Land,

Lehnt träumend an der Berge Wand,

Ihr Auge sieht die goldne Waage nun

Der Zeit in gleichen Schalen stille ruhn;

Und kecker rauschen die Quellen hervor,

Sie singen der Mutter, der Nacht, ins Ohr

Vom Tage,

Vom heute gewesenen Tage.

 

Das uralt alte Schlummerlied,

Sie achtets nicht, sie ist es müd;

Ihr klingt des Himmels Bläue süßer noch,

Der flüchtgen Stunden gleichgeschwungnes Joch.

Doch immer behalten die Quellen das Wort,

Es singen die Wasser im Schlafe noch fort

Vom Tage,

Vom Heute gewesenen Tage.

 

von Eduard Mörike

 

 Foret de nuit, par Manu Larcenet

 

A Minuit

 

Paisible, la nuit s’est posée sur la campagne,

Et s’appuie, rêveuse, à la paroi des monts.

Elle voit la balance d’or

Du temps, qui repose, en équilibre ;

Et les sources bruissent, plus hardies,

Elles chantent à l’oreille de la Mère-Nuit

Le jour enfui,

Le jour qui fut aujourd’hui.

 

Cette vieille et antique berceuse,

La nuit en est lasse.

Elle préfère écouter le bleu du ciel

L’arc pur des heures fugitives

Mais les sources gardent la parole,

Elles chantent encore dans leur sommeil

Le jour enfui,

Le jour qui fut aujourd’hui.

 

 

Traduction arrangée, basée sur celles de Rémi Laureillard et de Cécile Millot

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Mardi 5 mai 2009

Annecy, dans la nuit du 3 avril 2009,

 

 

 

Impossible Résistance

 

 

Au vertige de tes fractales bleues,

Grands diamants Hope qui me mirent,
       Mon cœur s’affole comme pour briser les barreaux de sa cage thoracique.

 

Mes mots s’emmêlent, se nouent, chutent et rechutent…

Tu dois penser que je parle trop,

trop,

beaucoup trop !

 

Tes sourires me charment,

M’envoûtent…


Psylle séduisante : je suis ton serpent ! 



Guillaume Riou


Par Guillaume Riou - Publié dans : Quelques-uns de mes écrits...
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Jeudi 30 avril 2009

Spéciale dédicace pour Benjamin, membre actif de la   : voici un véritable joyau de la chanson française…

 

 

FLOU DE TOI

 

 

Travelling avant sur nos dix ans
Comme deux amants, comme deux aimants
J’étais le moins, t’étais le plus
Faut que je fasse le point, je suis plus focus

 

Flou de toi
Complètement flou en moi
Qu’est-ce qui nous arrive
J’ai perdu la diapositive
Flou en moi
Complètement flou de toi
Comme un instantané
Je veux pas jaunir sur le cliché

 

Flash-back troublant en noir et blanc
Sur tes fous rires infiniment
Encore ce rêve que je fais toujours
Celui que je t’aime plus que l’amour
Comme un baiser de Robert Doisneau
Je veux qu’on soit beau sur la photo
Tirage soigné, mat ou brillant
La vie commence à quarante ans

 

Flou de toi
Complètement flou en moi
Mais qu’est-ce qui nous arrive
Je veux retrouver la diapositive
Flou en moi
Complètement flou de toi
Comme un instantané
Je veux pas jaunir sur le cliché

 

Gros plan sur toi et tes yeux bleus à Marbella
Tu es ma muse, tu es ma star de cinéma
Je sais pas pourquoi mais
Je sais que le film s’arrête pas là
Alors viens avec moi, viens avec toi
Je te ferai la Dolce Vita
Parce que je suis…

 

Flou de toi
Complètement flou en moi
Mais qu’est-ce qui nous arrive
J’ai retrouvé la diapositive
Flou en moi
Complètement flou de toi
Comme un instantané
Je veux pas jaunir sur le cliché

Non, non, non
Non, non, pas jaunir…

Gilles Gabriel 


.

Par Guillaume Riou - Publié dans : Philo et autres...
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Jeudi 16 avril 2009

Dans le cadre du printemps des poètes 2009, je vous fais part de mon choix de poèmes sur le thème du Rire :



Clé de voûte

   

Dans le cloître, à Chester, le muret du jardin est si bas que les jeunes filles assises sont tenues de fermer les genoux. Deux grandes qui ont oublié les ouvrent. Les courbes y sont pures, elles convergent dans l’ombre comme au faîte de la cathédrale. Le gothique est un art plus ancien qu’on ne dit.

 

Georges L. Godeau

 

 

La force de l’habitude

 

Une jeune fille récite un poème
Je n’aime pas le poème

mais je crois que j’aime la jeune fille

alors j’y vais de bon cœur

j’applaudis à tout casser…

Quand on a fini de déblayer les décombres

la jeune fille se relève

tant bien que mal

et repoussant les brancardiers

m’apostrophe durement

me laissant entendre

que c’est très beau de s’enthousiasmer

sympathique et tout

mais qu’au moment où je l’ai interrompue

elle avait encore sept cent quatre-vingt-huit vers à dire

et que j’aurais pu au moins

attendre la fin... 

 

Pierre Ferran



 

Le paon

 

En faisant la roue, cet oiseau

Dont le pennage traîne à terre,

Apparaît encore plus beau,

Mais se découvre le derrière.

 

Guillaume Apollinaire

 

 

 

LA SOUPE ET LES NUAGES

 

 

Ma petite folle bien-aimée me donnait à dîner, et par la fenêtre ouverte de la salle à manger, je contemplais les mouvantes architectures que Dieu fait avec les vapeurs, les merveilleuses constructions de l’impalpable. Et je me disais à travers ma contemplation : « - toutes ces fantasmagories sont presque aussi belles que les yeux de ma belle bien-aimée, la petite folle monstrueuse aux yeux verts. »

  Et tout à coup je reçus un violent coup de poing dans le dos, et j’entendis une voix rauque et charmante, une voix hystérique et comme enrouée par l’eau-de-vie, la voix de ma chère bien-aimée, qui disait : « -Allez-vous bientôt manger votre soupe, s…. b…. de marchand de nuages ? ».

 

Charles Baudelaire

  


 

L’ELIXIR POUR LES GORILLES

 

Autrefois c’était tout plein

De gorille sur la terre :

Il y en avait des malins,

Des brutes, des terres à terre.

 

Les malins voulaient avoir

Pour eux seuls toute la place ;

Dirent un jour : « faudrait voir

A ce qu’on se débarrasse

 

De ces pauvres illettrés,

Sans nul esprit, malhabiles,

Chétifs, souffreteux, débiles,

Qui surpeuplent nos forêts ! »

 

Finirent par réussir

A les chasser du royaume

A l’aide d’un élixir

Qui les transforma en hommes !

 

N’oublions par désormais

Que chacun de nos semblables

Peut être un gorille mais

Est-ce que c’est reconnaissable ?

 

Pierre Ferran

 

 

 

Statue d’homme d’Etat

 

 

C’était un bavard de talent très mince ;

Et, pendant trente ans, il avait été

Fameux à Paris, grand homme en province,

Ministre deux fois, toujours député.

 

Traité d’éminent et de sympathique,

Il avait trahi deux ou trois serments,

Ainsi qu’il convient dans la politique…

Bref, c’était l’honneur de nos parlements.

 

Il mourut. Sa ville – elle était très fière

D’avoir enfanté ce contemporain ! –

Dès qu’il fut enfin muet dans la bière,

Le fit sans tarder revivre en airain.

 

J’ai vu sa statue. Elle est sur la place

Où se tient aussi le marché couvert.

C’est bien l’orateur ; son geste menace,

Et sa redingote est en bronze vert.

 

Mais les bons ruraux, vile multitude,

Vendant les produits du pays natal,

Sans y voir malice et par habitude,

Laissent leurs baudets près du piédestal ;

 

Et tous les lundis, quand les paysannes

Sous les piliers noirs viennent se ranger,

Le tribun d’airain harangue les ânes …

Et ça ne doit pas beaucoup le changer.

 

 

François Coppée

 

 

 

SUR DES TOMBES DE CHIENS

 

 

Avec raison, sous cet ombrage,

On a fait des tombeaux aux chiens,

Car s’ils n’avaient parfois la rage,

Ils vaudraient mieux que des chrétiens.

 

Théophile Gautier

 

 

 

Les Augures

 

Certain jeune homme en quête de carrière

mais en tous cas voulant servir l’Esprit,

ne savait trop s’il voulait, ou bien faire

comme Cézanne, ou comme Valéry.

Car il avait par hasard en partage

talent de plume et talent de pinceau,

et sagement craignait du gaspillage

s’il voulait jouer sur un double tableau.

Donc il crut bon en cette conjoncture

d’aller montrer quelques productions

dans les deux genres, à deux graves Augures.

Le premier dit : « Sans hésitations,

mon jeune Ami, faites de la peinture ! »

et le second : « Pas d’erreur ! Il vous faut

prendre la plume et lâcher le pinceau ! »

 

La question n’est pas en l’occurrence

de savoir quel était son vrai talent,

mais de noter… - ce n’est évidemment,

bien sûr, qu’une coïncidence

drôle à conter – le petit fait suivant :

Le premier de ces aimables Augures

exerçait le beau métier d’écrivain.

Et le second de ces fameux devins…

c’est curieux… faisait de la peinture.

 

 

Samivel, in Chapeaux pointus, Ed. Stock, 1945

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Mardi 31 mars 2009

 

Parmi les œuvres noires, cérébrales et torturées d’Antonin Artaud, j’extrais aujourd'hui ce poème-exception…

 

 

L’AMOUR SANS TREVE

 

Ce triangle d’eau qui a soif

cette route sans écriture

Madame, et le signe de vos mâtures

sur cette mer où je me noie

 

Les messages de vos cheveux

le coup de fusil de vos lèvres

cet orage qui m’enlève

dans le sillage de vos yeux.

 

Cette ombre enfin, sur le rivage

où la vie fait trêve, et le vent,

et l’horrible piétinement

de la foule sur mon passage.

 

Quand je lève les yeux vers vous

on dirait que le monde tremble,

et les feux de l’amour ressemblent

aux caresses de votre époux.

 

 

Antonin Artaud, textes de sa période surréaliste, in L’ombilic des Limbes et autres textes, chez Gallimard, 1999.


 

 























Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Dimanche 22 mars 2009

"Orient express" est un poème de jeunesse que j'avais écrit après avoir vu une redif du film "Runaway train" d'Andrei Konchalovsky.



Le scénario avait vu le jour à partir d'un article paru en 1963 dans le journal Life et qui racontait l'histoire de quatre locomotives emballées et sans conducteur sur la voie menant de Syracuse à Rochester.

Le train du film n'avait bien évidemment  rien à voir avec l'Orient express, mais j'avais alors pris cette liberté d'association pour le besoin des rimes.


Le 12 mars 1995, 

ORIENT EXPRESS


 

A l’arrêt si imposant, massif et grossier,

Soufflant bruyamment telle une bête enragée,

Suite au coup de sifflet, la machine est lancée,
Les quais sont désertés, rien ne peut le stopper...

 

Le long train matinal déchire les campagnes,

A pleine vapeur, creuse son double sillage,

Sombre flèche métallique, perçant la montagne,

Son troublant passage modifie les paysages.

 

Accélère, accélère, chenille du démon !

Ton serpent de fumée s’élève à l’horizon,

Crache ta folle colère, file à vive allure

 

Tel un vieux chevalier vêtu de son armure

Traversant, fier et furtif, une brume épaisse,


On nommait ce cheval de fer : "Orient Express". 



Guillaume Riou

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Lundi 2 mars 2009

 

Mountain energei

 

 

Mr Blairstowe and Mr Partridge
They said to me
To get a mortgage
You need an income lid
I thought it was free

Dolly Parton and Lord Byron
They said patriotism is the last refuge
But now its me

And water's flowing down the mountain
But a tree is blocking the water flowing

So I went fishing
A note from a fish said :
Dear dope, if you wanna catch us
You need a rod and a line
Signed the fish !

Water is flowing down the mountain
But a tree is blocking the water flowing

Went to the car rental
They said to me :
You need a log book and licence, son

Water's flowing down the mountain
But a tree is blocking the water coming
Mountain energei

And water's flowing down the mountain

 

 

The Fall

 

 



Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Dimanche 1 mars 2009

Peut-on échapper au conformisme ? 


Conforme ? Vous avez dit conforme ?

Qu’on forme des réformes ou des contre-réformes

Je m’informe, je me déforme et je forme

Des projets sans forme qui toujours me glissent entre les doigts

Mais j’ai beau faire et j’ai beau dire

Tout a toujours été, déjà dit, déjà produit

Le conformisme est mouvant comme la forme insaisissable de la contestation

L’opposant d’hier est le conforme de demain

Et nous n’en finissons pas de former les cons

Doutons, doutons toujours, il en restera bien quelque chose

Entre la forme et la réforme j’espère et je cherche ma conscience

Elle chuchote à mon oreille

Est-ce bien elle qui me parle ? Ou l’écheveau entremêlé des consciences partagées ?

Doute… toujours douter… de tout 
Conforme ?



Poème de Florence (?), écrit à Haye-les-roses en mars 2008. 


Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Lundi 16 février 2009

Sur moi étendue

En parfaite conjonction

Même pulsation

Des genoux.

A la sueur timide

De nos fronts

L’odeur de l’amour

L’odeur

 

Fabio Scotto, extrait de Fleurs séchées, in Genetliaco, Firenze, 2000


Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
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Recherche

Un zest d'heure :

 

A l'affiche

Si vous aimez le théâtre, que vous avez envie de passer un bon moment et de faire travailler vos zigomatiques... courrez voir la troupe des Accroplanches sur Annecy et ses environs ! 

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Envie de passer de bonnes soirées dans un café où le Rock est roi et les barmen sympas... posez-vous à L'indépendant en plein coeur d'Annecy (rue sommeiller, en face de Bonlieu) !

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Devenez Fan du virtuose Rock : DJ Gaston Pluton !!!















Ecoutez Laure le vendredi soir, sur Rockenfolie : la Radio Rock du Web !












Vous réviez de vous dépayser à quelques minutes de Nice... allez donc passer un week-end à l'auberge de l'Escaou dans le village de Coursegoules. Satisfaction garantie !

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Venez surfer sur mes sites :
 

Annecy en poésie


et


introspoétique

Citations

"Les poèmes sont des bouts d'existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort" René Char

"Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie."
François Truffaut 

"Occuper son esprit, c'est soulager son coeur." Constance de Salm-Dyck

"L'amitié est une âme à deux corps" Aristote

"C'est là ce qu'il ya dans l'homme de touchant et de beau, cette double aspiration vers ce qu'il désire et vers ce qu'il a perdu." Alexandre Humboldt (in Cosmos)

"Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes" Jacques Rouxel (auteur des Shadoks)

"Le rêve que fait la note digne de ce nom, c’est d’échapper à sa nature fugitive, à sa chrysalide sans issue, à son éventuelle distribution, à sa noyade dans le général. (...) Elle suggère. N’insiste jamais ; fait souffrir — le souhaiterait — sans laisser jouir. Disons qu’elle est d’essence féminine." Georges Perros (in Papiers collés)

"En poésie, il faut chercher la lumière... même si l'on doit descendre très profond" Ile Eniger

"L'amour - c'est ce pays à l'infini ouvert par deux miroirs qui se font face" André Hardellet

"Hâte-toi, hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance." René Char (in Commune présence)

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