Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 15:25

OVERDOSE

 

Homo-mediatico

survoltés,

shootés aux images,

accoutumés aux chocs émotionnels,

nous nous laissons piéger

par l’attrait

du frisson de l’instant.

 

Or, la pulsion

est un stupéfiant

qui meurtris l’analyse.

 

- En sniffant l’actualité à chaud

on se brûle la raison -

 

Loin des raccourcis haineux,

trouvons les mots justes

pour concevoir le monde

au sang froid de nos réflexions.

 

L’histoire, qu'à la sueur de nos vies

nous façonnons tous et chacun,

ne reste sensée

que si l’on se remet de nos intoxications.

 

Guillaume Riou. Poème rédigé en avril 2012.



Affiche - On vous intoxique

"On vous intoxique"
Affiche, 71 x 82 cm - Atelier populaire n°3 [Arts décoratifs]
BnF, Département des Estampes et de la photographie, ENT QB-(1968) /W3892

Licence Creative Commons
Overdose de Guillaume Riou est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.

Par Guillaume Riou - Publié dans : Quelques-uns de mes écrits...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 14:57

A qui la faute ?

 

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?

- Oui.
J'ai mis le feu là.

- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi ! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d’œuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes ! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des Jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur ;
Il luit ; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine ;
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre, Platon, Milton, Beccaria ;
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton cœur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur ; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un nœud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !

- Je ne sais pas lire.

 

Victor Hugo (1802-1885), in L'année terrible (juin, VIII), Ed. J. Hetzel & Maison Quantin, 1883. Poème rédigé suite à l'incendie de la bibliothèque du palais des Tuileries durant la Commune en mai 1871, qui conservait quelques 80 000 ouvrages (dont un millier de manuscrits).

 

Ruines-de-la-bibliotheque-de-Londres---1940.jpg Bibliothèque de Holland House, à Londres, après un bombardement - Septembre 1940

 

Pour aller plus loin sur le sujet des destructions du patrimoine écrit, je vous invite à lire ce rapport de l'Unesco :  Mémoire perdue - Bibliothèques et archives détruites au vingtième siècle

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 13:35

La Suisse

 

Quelques cabanons barbelés

Du côté de l’aéroport

On n’a pas mis les miradors

Mais il faut sortir pour pisser

Les étrangers qu’ont du pognon

Ils ont le quai Gustave Addor

Secret bancaire, baignoire en or

Inscrits dans la constitution

 

Comment faire un pays heureux

En étant si peu chaleureux

C’est bien joli un pays vert

Mais pas tant qu’un pays ouvert

Comment faire un pays honnête

En étant juste à moitié net

A toujours tout faire pour les riches

On est juste un pays qui triche

 

La petite vendeuse de la Migros

Peut vraiment rien pour ses impôts

Quand elle a payé son loyer

Elle est simplement lessivée

La petite vendeuse de la Coopé

Revérifie sa fiche de paye

Quand elle voit sa pile de facture

Elle trouve sa vie carrément dure

 

Comment faire un pays heureux

En étant si peu chaleureux

C’est bien joli un pays vert

Mais pas tant qu’un pays ouvert

Comment faire un pays honnête

En étant juste à moitié net

A toujours tout faire pour les riches

On est juste un pays qui triche

 

Parquées dans des salons de massage

Des lolitas basanées viennent

Astiquer le Suisse de passage

Pour la poésie et l’hygiène

Pendant qu’au palais fédéral

Assis sur des lingots douteux

Les banquiers gardent le moral

Cervin, cor des alpes et ciel bleu

 

Comment faire un pays heureux

En étant si peu chaleureux

C’est bien joli un pays vert

Mais pas tant qu’un pays ouvert

Comment faire un pays honnête

En étant juste à moitié net

A toujours tout faire pour les riches

On est juste un pays qui triche

 

Sarcloret, Bel Hubert & Simon Gerber, in album Quinzaine du blanc chez les 3 suisses, 2006. Paroles : Sarcloret. Musique : Simon Gerber, Bel Hubert

 
Exil-fiscal-en-Suisse

 

 

 

 

Retrouvez ci-dessous cette chanson dans l'enregistrement de l'émission radiophonique Là-bas si j'y suis des 18 & 19 avril 2012, en 2 parties, sur le thème des éxilés fiscaux :

 

- L'exil fiscal ou le martyr des riches I 

- L'exil fiscal ou le martyr des riches II


Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 12:42

Un nouveau livre d'artistes, que j'ai eu l'honneur et le plaisir de réaliser avec le peintre Yves Mairot et le typographe Laurent Né, vient de paraitre :

 

Ombre onirique - G.Riou

 

Ombre onirique - Ed. Index, 2012.

Format carré 12 x 12 cm. 6 pages.
Tirage unique limité à 24 exemplaires.

 

Edition originale du poème "Ombre onirique" de Guillaume Riou. Texte typographié en Garamont Gros-Romain par Laurent Né, sur Vergé Lana. Illustré d'un collage original (encre de chine) d'Yves Mairot.

 

Vous trouverez ce livre d'artistes en vente, au prix de 50 €, sur le site de l'éditeur : Index Edition

Par Guillaume Riou - Publié dans : Recueils et livres d'artistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 11:55

En septembre dernier, j'ai posé pour la première fois les pieds sur le sol africain. Une terre d'ocres où se dressait devant mes yeux de blanc-bec Marrakech la rouge ! 

Marrakech

J'ai eu l'opportunité de découvrir la ville avec des membres de ma famille, hôtes adorables, marrakchis depuis plusieurs générations. 

Le regard avisé, à la fois tendre et critique, qu'ils portent sur leur ville m'a permis une première approche culturelle et authentique de Marrakech. Je me suis, depuis, intéressé de près aux écrivains et poètes marocains. J'ai découvert ou redécouvert entre autres les mots d'Abdellatif Laâbi, Mohamed Aziz Lahbabi, Wafaa Lamrani, Mohammed Ibn Ibrahim, Khireddine Mourad et Tahar Ben Jelloun.

 

Je partagerai avec vous, dans de futurs billets sur ce blog, leurs poèmes qui me touchent le plus. Mais pour vous présenter Marrakech, voici un texte du siècle dernier de l'écrivain engagé Edmond Amran el Maleh  (1917-2010), truffé de références historiques et culturelles, dans lequel j'ai retrouvé en partie la Marrakech que j'ai entrevue et qu'on m'a fait découvrir.

 

Trois palmiers

 

Trois palmiers par-dessus un mur rouge, droits, élancés haut vers le ciel, Marrakech, Gueliz, cet été.

Je suis assis sur la terrasse d'une villa, véranda ouverte sur un petit jardin : très haut dans le ciel, ces trois palmiers par-dessus un mur rouge, si j'allais dire, écrire ! Les palmiers, les trois par-dessus un mur rouge, un souffle de bonheur. Je vais vous confier une pratique qui remonte à mon enfance : quand le mal vous enserre, vous habite, vous cerne d'un halo de ténèbres, quand votre poitrine gémit sous l'étreinte d'une main invisible, implacable, alors dans un brûle-parfum en cuivre on brûle de l'encens, alun et jawi, la matière fond, laves en mouvement lent, des bulles, un œil se forme, le mauvais œil crève, exorcisme, soulagée ma tête retombe sur l'oreiller, Marrakech la Remla, j'y étais encore enfant en compagnie de ma mère, cherchant la clémence d'un climat sec propre à calmer les assauts de l'asthme, le mauvais œil, l'écriture ! Trois palmiers par-dessus un mur rouge.

 

Simplicité, absence de tout ornement, espace infini offert à la liberté : à cet instant, assis dans un fauteuil, je ne souhaitai rien, tout à ce bonheur, cette méditation sensuelle de lumière de soleil et d'espace. Trois palmiers, haut dans le ciel, un mur rouge. Tout à l'heure je vais me rendre chez Si Cherkaoui que je me promettais de revoir après une certaine absence. C'est un grand érudit, un fin lettré chez qui la maîtrise de la langue classique s'allie au parler de la langue Marrakchi plein de saveur et de subtilité. Le charme discret d'une parole hors des modernités bruyantes, cette façon de saisir les mots, de les entourer à pleine main, de nouer avec eux l'échange d'une fréquentation intime. Si Cherkaoui travaille à une vaste recension du vocabulaire, une sorte d'encyclopédie en voie d'édition où les mots vont par familles, prennent le visage de la concrétude, l'originalité d'une figure, ce qui me fascine, il est des mots qui ont le pouvoir unique de signifier une chose et son contraire, le blanc et le noir, une merveilleuse disponibilité. Je ne sais pourquoi, à l'écouter, à recueillir l'écho de sa parole, un rapprochement, plutôt une coïncidence : « Dans les dimensions de l'espace l'écriture rechercherait comme d'emblée, la poétique qui est probablement le mystère du rassemblement même des choses et des êtres en un monde où tout prend sens » écrit Emmanuel Levinas à propos d'un récit d'André Dalmas. Que je vous dise tout de même que j'étais venu voir Si Cherkaoui pour qu'il me parle de Ben Brahim « Shaer el Hamra », le poète de la Rouge, Marrakech-la-Rouge, le poète maudit décédé il y a quelques années, que lui, Si Cherkaoui a connu personnellement. Enquête au pays d'un genre particulier: un nom associé, fondu dans une terre rouge, poudroiement pourpre d'un soleil conquérant, au-delà d'un seul homme qu'il y a à connaître, peut-être le signe. Il me faut vous faire part d'un souci, vous avouer une inquiétude : Marrakech est infestée, oui quasiment infestée de voleurs le plus souvent parfaitement innocents, candides même, la mine et la mise parfaitement convenables, impossible de les identifier, le pire étant qu'on ne voit pas ce qu'ils peuvent bien voler. Détourner une ville, Marrakech surtout, comme lorsqu'il s'agit d'un avion ou même d'un paquebot. Faussaire en écriture, contre-facteurs en poésie, le soupçon, l'accusation est grave, lourde de conséquences, mieux vaut ne pas s'y risquer. Le plus sage peut-être est de ne soupçonner personne, ou tout aussi bien de soupçonner tout le monde, personne n'étant ni au-dessus ni au-dessous du soupçon, la chose la plus noble du monde surtout ici à Marrakech si on prend la précaution de la désigner autrement. Quel signe, quelle constellation de signes accueillir comme un don d'authenticité généreuse ?

Qu'en est-il de notre poète, Shaer El Hamra, un nom, un symbole un instant retenu, le signe apparent, parmi tant d'autres d'un univers enfoui, courant comme une eau vive invisible dans les ghetara* ?

 

« Faire participer l'esprit du rythme selon lequel des ressemblances jaillissent fugitivement du fleuve des choses, étincellent un instant et de nouveau s'y engloutissent » (Walter Benjamin). Je vais vous parler de Si Embark, il y a longtemps que je voulais le faire, un désir flottant en attente. Sur cette même terrasse, face à ces trois palmiers par-dessus un mur rouge, il venait de passer la nuit, couché à même le sol, enveloppé dans une couverture. Il s'est réveillé à l'aube et je l'ai vu s'apprêter à partir. Droit, élancé contre ces trois palmiers, noir d'un beau noir, portant barbe, je ne sais quel âge il peut avoir mais j'ai la certitude qu'il échappe au temps, très tôt levé, il a sans doute déjà fait ses ablutions, sa prière, passé sa farajia, cette sorte de robe, les pieds dans des sandales, l'outre, guerba, peau de chèvre au poil lustré, portée en bandoulière, il est en marche vers la place de Jamaa El Fna. La route est longue et la journée encore plus. Porteur d'eau, Si Embark est guerrab. La cloche retentit dans le néant. Si Embark arpente la place, écrit cet espace indéfiniment recommencé, les hommes ont soif, l'outre est pleine d'eau fraîche, Si Embark remplit une tasse de cuivre placée sous le bec, en cuivre lui aussi, de la guerba, il la tend à l'homme assoiffé, l'eau n'a pas de prix, j'étais naïf de penser qu'il y avait un prix à payer, l'homme a bu, étanché sa soif, il donne une pièce, la chance, le sort est entre les mains de Dieu, Si Embark murmure les formules rituelles et va son chemin, il marche parcourt son destin. Contrairement à certains autres de sa corporation, il ne porte pas de chapeau à pompons rutilant de couleurs, ni coquillages ni harnachement de parade, il ne pose pas pour l'œil voyeur du touriste, rigueur d'une écriture sans folklore.

 

« Lire ce qui n'a jamais été écrit. Cette lecture est la plus ancienne, la lecture avant tout langage, dans les entrailles, dans les étoiles ou dans les danses » Walter Benjamin ! c'est comme si et je me plais à rêver, il était venu ici : à l'exemple d'Elias Canetti ou maintenant encore Juan Goytisolo qui habite à deux pas de la place une partie de l'année.

Je suis attablé avec un ami à la terrasse d'un café, en face c'est la vénérable institution qui je crois s'appelle encore l'Hôtel Café de France mais la célébrité est là et n'a pas besoin d'être lue. J'observe la noria des touristes, tournant avec la régularité des astres : de la terrasse de l'établissement, on vous l'a promis, terre promise, Marrakech se donne à vous, corps et âme à vos pieds, fiez-vous au guide solennel, à sa plaque d'or sur le cœur, à la blancheur de sa jellaba. Miroir céleste du Tour-Opérator, l'affiche, pst pst, fait signe : la Koutoubia, exclamation droite sur un ciel sans mélange, à ses pieds la ponctuation noire, grouillis humain enveloppé dans une légère brume, larges parenthèses de baraques, de bâches, musique cuivrée, l'affiche décolle sous le ciel gris de la vieille Europe, écriture en lambeaux, ils sont venus, troupeau docile à la terrasse du café sous la marquise poussiéreuse d'éternité, vieille voile gonflée par Satan pour attiser le feu de la lubricité, les regardés regardant, entrecroisement texte et commentaire, les doigts palpant le papier racorni, chiffon d'écriture, c'est écrit, mektoub, changement de registre, la terrasse s'ouvre comme un fruit mûr, porosité de sens et de sucs, j'observe : l'immobilité se tient dans le rodéo infernal des autos, mobylettes, camions, carrosses, piétons emmêlés, voiturettes de paralytique, planches à roulettes, poussettes d'enfant amoureusement porteuses de fèves cuites, de berkouks (sorte de couscous au lait), de pois chiches, cacahuètes, amandes, pépites en vrac ou en cornet, feuilles de cahiers, science perdue, factures impayées, feuilles de journal arrachées, la pliure de l'actualité, roman feuilleton à se mettre sous la dent, transports, métaphora, l'écriture des jours, l'écriture aléatoire de l'éphémère... de mon poste d'observation, cette table de café, attablé en compagnie d'un ami, je regarde distraitement, un homme manœuvre pour garer sa voiture le long de la terrasse du café, manœuvre difficile tant l'espace est réduit, l'encombrement considérable : iconoclaste ! la place de fameuse renommée, peau de chagrin réduite, mangée par le temps, les incendies, les vicissitudes de l'urbanisme, un parking moderne ! La rumeur court : les Ediles, autorités confites de puritanisme et de modernisme jusqu'au bout des ongles, méditent s'agitent pour nettoyer la place, place nette, effacer la trace du diable, gommer l'écriture iblisienne : la halqa*, les conteurs, les charmeurs de serpents ou du sort, armés de leur flûte ou de leur écritoire, maîtres tout puissants du destin, les Jnouns* à figure humaine installés devant les orgues de la magie, herbes, poudres, lézard desséché, nomenclature inépuisable, il faut faire le vide, traquer l'insaisissable, instaurer la présentation ordonnée du bon ordre, querelle affolée, ébullition, le démoniaque pousse sous le couvercle, utopie d'une place de nulle part. Comment effacer la trace d'une parole chue, captive évadée d'une écriture d'arrêt, renaissant de sa chute, effaçant d'elle-même le lieu de sa capture : le mystère jamaafalnien se déplace et cerne l'être du langage, l'écriture devant elle-même, soulevée subvertie par la libre parole, défaite dans sa mobilité, mangeant ses morts pour conjurer sa mort, à l'exemple des Indiens Guayakis décrits par Clastres*, dévorant celui qui a cru la maîtriser, se dévorant elle-même pour renaître à chaque fois dans l'enchantement de ses pouvoirs, la matérialité sensuelle de sa présence, l'écriture - le ciel.

« Que pensent les philosophes du ciel ? Est-ce une substance qui existe de toute éternité ou qui a eu un commencement ? » Ici à Marrakech en l'an 1169, la question redoutable a été posée, le jeune philosophe cordouan Abou I-Walid Ibn Rouchd, écoutez le chant de ce nom, Averroès donc est introduit à la cour suprême du souverain Abou Ya' qoub Ben Youssouf, Commandeur des Croyants, prince almohade, versé dans la connaissance des philosophes de l'antiquité et des théologiens, crainte et tremblement : « Je dois confesser que je tremblais de peur en entrant dans cette grande salle toute de marbre, couverte de tapis, de coussins de brocart d'or : de quel poids peut peser la chétive personne d'un filaçouf* devant la gloire et la puissance du jour, fragilité mortelle de l'écriture, je cherchai une issue, prétextai de mon ignorance, de mes faibles lumières. Mais devinant mon trouble, le très sage et savant prince entama pour me rassurer une longue discussion avec mon ami Ibn Toufayl qui m'a introduit auprès de lui, rassuré par l'étendue et la finesse d'un tel savoir, je fis montre à mon tour de mes connaissances puisées aux sources de mon maître Aristote » écriture apocryphe d'une authentique entrevue entre le souverain et le philosophe, éloge de l'apocryphe, signet pour marquer une page, l'entaille d'une haute tradition en cette terre, écriture parure pour magnifier le don : un cadeau en argent, un magnifique vêtement d'honneur, une superbe monture, présent princier fait au jeune philosophe, l'offrande d'un instant : trois palmiers par-dessus un mur rouge.

 

 

Edmond Amran el Maleh (إدمون عمران المالح), in ORACL, revue trimestrielle de création littéraire publiée avec le concours du Centre National des Lettres, n°19/20 de l'été 1987.

 

marrakech-rouge.jpg

 

* Notes :
- Ghetara : anciens systèmes d'irrigation que l'on trouve aux alentours de Marrakech.
- Halqa : " Théâtre en rond ", cercle de conteurs marocains.
- Jnouns : pluriel de Djinn. Sorte d'esprits surnaturels, de spectres.
- Pierre Clastres (1934-1977) : anthropologue et ethnologue français.
- Filaçouf : philosophe.

Par Guillaume Riou - Publié dans : Autres...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 14:20

 

CYPARISSE

 

Oublié,

hors du temps,

l’arbre trépassé

semble quérir une âme,

branches tendues

pour atteindre un ciel absent.

 

Guillaume Riou 

 

arbreArbre - Dessin de Denis Caporossi
source : http://www.francoiserenaud.com/blog/2011/06/larbre/

 


Licence Creative Commons
Cyparisse de Guillaume Riou est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.

Par Guillaume Riou - Publié dans : Quelques-uns de mes écrits...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 10:21

Je suis heureux de vous annoncer la parution du livre d'artistes "Flammes Fatales", auquel j'ai participé en tant qu'auteur, en collaboration avec le peintre Géraldine Verly, le typographe Laurent Né et le sculpteur Marc Stéfani.

 

La réalisation d'un tel ouvrage fut une aventure enrichissante sur le plan créatif comme sur le plan humain.

Dans ce projet, chaque collaborateur a pu apporter son univers, son talent et son imagination pour aboutir, au croisement des arts, à ce livre d'artistes.

 

Flammes-Fatales---Livre-d-artistes---Guillaume-Riou---2011.JPG  

Flammes Fatales - Ed. Le Taquoir, 2011.

Leporello au format 32 x 16 cm.

 

Edition originale du poème de Guillaume Riou  "Flammes Fatales" prix Vauvenargues 2010 de la ville d'Aix-en-Provence. Texte typographié en Garamont italique corps 16 par Laurent Né, illustré de peintures originales de Géraldine Verly sur vélin Vinci - Lavis 220 g.

Ouvrage tiré à 30 exemplaires signés par les artistes :

• 6 exemplaires de tête édités spécialement sur un socle en noyer rehaussé de plaques originales en verre fusionné de Marc Stéfani numérotés HC à HC IV, plus 1 pour la Bibliothèque d'Annecy signé à part.

• 24 exemplaires numérotés 1 à 23, plus 1 pour la Bibliothèque nationale de France.

 

Flammes-Fatales---Page-de-titre.JPG

 

Vous trouverez ce livre d'artistes en vente sur Internet :

- pour un exemplaire de tête : voyez  ici

- pour un des 24 exemplaires : voyez  ici

ou sur le site de l'éditeur : Index Edition

ou en me joingnant via le formulaire de contact du blog.

Par Guillaume Riou - Publié dans : Recueils et livres d'artistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 20:43

Un poème d'Andrée Chedid que je trouve magnifique et que je vous invite à retrouver dans le livre d'artistes "Au vif des vivants" illustré par les encres de chine en couleur de Jacques de Féline :

 

L'ÉCUME

 

Sur la  plage candide 

L'écume lâcha sels et débris 


Elle zébra de rainures
 

Le sable immaculé 

Entama la soie de sa trame 

Entailla le grain de son tissu 


Sur les plages ingénues

Les vagues scellèrent leurs dissonances

Rythmant le sol

d'algues de nacre et de scories.



 

Andrée Chedid (1920-2011), in Au vif des vivants, Ed. Le verbe et l’empreinte, à Saint-Laurent du Pont, 1991.

 

  Scum.jpg


Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 22:13

Je viens d'entendre récemment des propos nauséeux qui font passer les rappeurs pour des incultes... .
Bien que peu sensible au rap, je trouve le raccourci facile, cliché, dénigrant et peu creusé.

 

Ils se battent avec les mots et non avec les poings, n’est-ce pas déjà une preuve de lucidité culturelle ?

 

Evidemment, on peut se contenter d’ouvrir la radio et de déplorer les bouses musicales des motha-fucka-gangsters en perpétuelle crise d’adolescence, qui vomissent l’injustice, rabaissent les femmes et rêvent d’une pathétique gloriole bling-bling.

Mais il n’y a pas plus de déchets dans le rap que dans la variété française, dans la pop, dans le classique, dans la poésie et dans le paysage artistique en général.

 

L’important n’est-il pas de prendre le temps de s’intéresser ? Prendre le temps, parfois, d’aller plus loin que ce que les superficielles tumeurs commerciales nous donnent à consommer ?

C’est ainsi qu’on évite les amalgames et qu'on peut trouver du rap de qualité, où la culture des artistes jaillit avec force : dans la revendication sociale, dans la haine des travers de nos sociétés et la soif de les changer, dans l’engagement et la résistance contemporaine.

 

Alliant le son, le rythme et la métaphore, il a du rap mature et poétique.

Ces rappeurs, porteurs de sens, ont bien des leçons à donner aux savants élitistes dénués d’ouverture d’esprit.

 

Méditons, par exemple, sur ce rap de Rocé, qui constate que « Si peu comprennent » :

 

SI PEU COMPRENNENT

 

Vous comprendrez donc,
que j'ai d'autres ambitions
que de jouer au rappeur voyou
repenti, reconverti en bon bougre.
Pas le temps non plus
de faire peur,
de par un exotisme banlieusard.
Je suis à la recherche de l'universel,
pas au contentement,
ou à l'agacement,
d'un pays qui vieillit dans le « sur place » du spectacle et des clichés.
Mais… si peu comprennent… si peu comprennent...

Je cache ma haine dans mes souliers, c'est ma marque de pudeur.
Mais j'ai le pied tellement lourd qu'il tape l'béton comme un marteau-piqueur.
j'peux même pas m’camoufler sous mon égo,
j'ai le bad trop profond et le cerveau à zéro.
Je m'esquive sous une pluie fine qu'un froid d'automne entraine
et je souris car j'ai compris que si peu comprennent.
La haine,

            la rage et la haine,
qui me brûle et m'enchaine,
quand je rappe et bouscule les idées qu'on enseigne.

Rappeur hardcore j'ai décidé d'aiguiser ma plume,
remplacer la vulgarité par des idées qui fument,
prendre les élites à leur jeu,
jouer de leur vocabulaire,

même si ça fait moins rebelle pour les oreilles des partners.
Et il s'avère qu'on s’étonne que j'sois civilisé,
pour un rappeur c'est peu commun : « c'est un illuminé,
un évolué, un rescapé, un repenti, un des nôtres ;
encore un pied dans l'rap, mais il finira bon apôtre ».
Et d'ailleurs est-ce encore du rap ?
C'est tout c'qu’ils n'espèrent pas,
ils appellent ça « du slam » quand je fais un a-capella.
Ils sont heureux d'apprécier, ça confirme qu'ils sont d'gauche quoi,
tous ces bien-pensants qui, en tout cas, eux le croient.

Moi j'ai la haine,

            la rage et la haine,

qui me brule et m'enchaine,
quand je rappe et bouscule les idées qu'on enseigne.
Je m'esquive sous une pluie fine qu'un froid d'automne entraine
et je souris car j'ai compris que si peu comprennent..

Ça c'est pour ceux qui détiennent le spectacle,
mais pour le rap c'est pas mieux.
Pour le rap :

Au pays du zoo humain, au bon plaisir des médias,
l'indigène reste à l'affiche quand l'rap fait son cinéma.
Quand la jeunesse est fond d'commerce, il est si dur de grandir,
de se sortir des fonctions autres que bourreau ou martyre.
Je ne suis pas dans vos arnaques parce qu'il y a une différence
entre un guerrier qui s'tape et des p'tit cons en manque de sens.
Alors ça joue les kaïras ; le prenez pas pour une insulte,
mais j'suis un des seuls trentenaires à rapper comme un adulte.
Ce qui nous manque c'est : organisation, fric et éducation,
intimidation, force et information.
Donc quand on rumine le même film qui prend racine,
je ferai de mon rap le hardcore que j'imagine.

J'ai la haine,

            la rage et la haine,

qui me brule et m'enchaine,
quand je rappe et bouscule les idées qu'on enseigne.
Je m’esquive sous une pluie fine qu'un froid d'automne entraine ;
et je souris car j'ai compris que si peu comprennent...

 

ROCé, in l'album L'être humain et le réverbère, 2010.

 

 

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 20:17

Que penser de cette campagne politique pour les prochaines élections présidentielles ? Pas grand chose... rien de positivement surprenant.

 

Prêts à tout pour monter sur le trône, les bouffons nous amusent tristement.

 

On notera la bassesse habituelle des candidats : promesses stériles, déni, petites phrases de petits mots, effets d'annonces, chiffres sans fondements, bains de foule, serrage de mains et lechage de bottes du peuple.

Le pays n'apparaît alors que comme le fabuleux creuset de voix électorales.

 

Il faut produire un effort démesuré pour accéder aux analyses sérieuses des programmes, et je n'évoque même pas l'utopie des débats de fond. Quelle misère ! Si les politiques sont véritablement les représentants du peuple, alors le peuple est mal barré !

On nous bassine avec la crise économique... mais qu'en est-il de la crise politico-médiatique ?

 

C'est encore le parti non reconnu des abstentionnistes qui sera majoritaire dans les mois à venir. Et tout le monde s'en fout !

 

Il semble que, toutes élections confondues, ce ne soit pas un phénomène nouveau. Voyez le poème illustré du journaliste anarchiste Jules Grandjouan, paru dans l'Assiette au beurre du 19 avril 1902 :

 

L'assiette au beurre n°55 du 19 avril 1902 - Texte et dess

L'assiette au beurre n°55 du 19 avril 1902 - Texte et dessin de Grandjouan

Par Guillaume Riou - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 10:40

Pour sa deuxième année, le Partage des voix reçoit deux poètes émérites : Annie Salager & Lionel Ray.

 

a.salager-copie-1.jpg    .  l.ray 

 

Je vous invite à assister aux échanges et lectures de ces poètes contemporains accompagnés des musiciens Rémy Varaine & Marcos de Oliveira (Entrée libre, tout public).


Partage-des-voix-2012---Affiche.jpg

 

Organisé conjointement par la Bibliothèque d'agglomération Bonlieu et par la Maison de la Poésie d'Annecy, l'évènement associe lectures, musiques, rencontres et dédicaces.

 

Les poètes invités seront présentés par Jacques Ancet et Michel Dunand :

 

jacquesancet     ..............................    m.dunand2.jpg

 

Rendez-vous :

          - Le vendredi 09 mars à 20h30 à la Salle des Clarisses (Manufacture)
          - Le samedi 10 mars à 15h30 à la Maison de la poésie d'Annecy
          - Le samedi 10 mars à 18h30 à la Bibliothèque d'agglomération Bonlieu

 

 

Vous pouvez lire ou télécharger le programme détaillé du Partage des voix 2012, ici :

 

http://img.over-blog.com/100x63/3/35/60/50/LogoPDF.gifProgramme dépliant du Partage des voix 2012

Par Guillaume Riou - Publié dans : Lectures et manifestations
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 20:56

Pyrolâtrie

 

Tu rayonnes, Jessica,

aux fibres d’un soleil intérieur.

 

Tes bluettes scintillent,

m’attisent,

m’embrasent.

 

Ta lumière effile mon ombre,

l’étire en chemin parcouru.

 

Et tu me réchauffes aux laves du cœur,

à la fournaise des mots,

au couvert de la peau.

 

Je suis magma de toi !

 

Rien, au monde, ne brille davantage

que la flambée de nos minutes partagées.



Guillaume Riou

 

Fire-love

fire love [explore] by Thiago SL

 


Licence Creative Commons
Pyrolâtrie de Guillaume Riou est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.

Par Guillaume Riou - Publié dans : Quelques-uns de mes écrits...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Profil & Contact

Nom : Guillaume Riou

 

   BiblioMan.jpg

 

Né en Bretagne en 1977, je vis actuellement à Annecy. La poésie me passionne.

Je transmets mes écrits, et ceux des autres, lors de lectures organisées par la Maison de la Poésie d'Annecy et par le Cercle des Poètes Retrouvés (branche poétique de la Société des Auteurs Savoyards). 

 

Contact :


Contacter Guillaume


Mes autres sites


Annecy en poésie


&


introspoétique

Introspoétique

Citations

 

"Les poèmes sont des bouts d'existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort" René Char

"Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie."
François Truffaut


"Occuper son esprit, c'est soulager son coeur." Constance de Salm-Dyck

"Marcher dans une forêt entre deux haies de fougères transfigurées par l'automne, c'est cela un triomphe. Que sont à côté suffrages et ovations ?"
Emil Michel Cioran (in De l'inconvénient d'être né)

"Les hommes se pressent vers la lumière, non pour mieux voir, mais pour mieux briller." Friedrich Nietzsche (in Humain, trop humain)

"L'amitié est une âme à deux corps"
 Aristote

"C'est là ce qu'il y a dans l'homme de touchant et de beau, cette double aspiration vers ce qu'il désire et vers ce qu'il a perdu."
Alexandre Humboldt (in Cosmos)

"Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes"
 Jacques Rouxel (auteur des Shadoks)

"Un grain de poésie suffit à parfumer tout un siècle !" José Marti

"Comme cela nous semblerait flou, inconsistant et inquiétant Une tête de vivant... s'il n'y avait une tête de mort dedans." Jacques Prévert

"Le rêve que fait la note digne de ce nom, c’est d’échapper à sa nature fugitive, à sa chrysalide sans issue, à son éventuelle distribution, à sa noyade dans le général. (...) Elle suggère. N’insiste jamais ; fait souffrir — le souhaiterait — sans laisser jouir. Disons qu’elle est d’essence féminine." Georges Perros (in Papiers collés)

"En poésie, il faut chercher la lumière... même si l'on doit descendre très profond"
Ile Eniger

"
L'amour - c'est ce pays à l'infini ouvert par deux miroirs qui se font face" André Hardellet

"Les mots du corps donnent l'idée de la mort, les peines de l'âme celle de l'éternité."
Astolphe de Custine

"Le temps des hommes est de l'éternité pliée." Jean Cocteau


"Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements"
Noam Chomsky


"Nous errons auprès de margelles dont on a soustrait les puits"
René Char


"Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d'émerveillement." Gilbert Keith Chesterton

"L'homme est une corde tendue entre la bête et le surhumain - une corde au-dessus d'un abîme."
Friedrich Nietzsche (in Ainsi parlait Zarathoustra)

"Le poète littérateur nous initiera au culte du dieu qu'il révère, par ses phrases délirantes qui feront vibrer dans nos âmes des sensations intérieures que nous ignorions." Joseph E. Dessaix (in Le Noiaphanisme)

"Nous sommes les abeilles de l'univers, nous butinons éperdument le miel du visible pour l'accumuler dans la grande ruche d'or de l'invisible."
Rainer Maria Rilke

 

"La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout." Victor Hugo (extrait du Discours d'ouverture du Congrès littéraire international de 1878)


"Les mots sont des planches jetées sur un abîme, avec lesquels on traverse l'espace d'une pensée, et qui souffrent le passage et non point la station." Paul Valéry (in Tel quel)

 

"Hâte-toi, hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance." René Char (in Commune présence)

 

"Ne savoir où aller, me mène où je veux" Thierry Metz (in De l'un à l'autre)

 

"Il ne faut rien jeter, parce que jeter c'est faire le jeu de la mort." Jean-Christophe Averty

 

"Celui qui ose entrer dans la nuit de ses yeux, là où sombre la croyance superficielle des yeux, accomplit à son insu un désir profond du langage." Maurice Roche

 

"Ce n'est pas parce que les choses sont inaccessibles que l'on ose pas, c'est parce que l'on ose pas qu'elles sont inaccessibles" Sénèque

 

"Quoi qu'en disent les moralistes, l'entendement humain doit beaucoup aux passions, qui, d'un commun aveu, lui doivent beaucoup aussi" Jean-Jacques Rousseau (in "Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes")

Délires imagés...

Liens poétiques

Liens divers

- Terres du lac

- La Société des Auteurs Savoyards
- Audierne : les cartes de Roland
- Annecy libris
- Lectura : expos virtuelles
- L'Echappée-livres
- Les accroplanches : troupe de théâtre
- Restaurant Le Sansot

- Seule au monde
- Les callipyges de Tatieva - artiste peintre annécienne
- Yannick Corboz : dessinateur de talent !
- Les photos de Fabienne Gevaux
- Culture DWG
- Chambres d'hôtes chez Ingrid, à 2 pas d'Annecy
Le site de Stéphane Guillon
- Le Wifi à Annecy ?
- Le blog du bibliophile
- Le blog de Guy Darol
- Musée Albert Dubout
- Le site de Guy Bedos
- Vinz et Lou : pédagogie
- Impressions
- Anonymous
- La galerie du Larith (Chambéry)
- DJ Gaston Pluton
- Laurie Lipton
- Le blog de Rémi Mogenet
Le site de de Claude Hagege
- Auberge de l'Escaou
- Le cabinet de curiosités d'Eric Poindron
- Omnimata

- E-L-I-S-E
- Stalker
- R-sistons à l'intolérable

- CRILJ 13
- Les éditions du Bord du Lot
- Bibliomancienne
- L'autofictif
- Pierre Jourde
- Le Garde-mots
- Wikileaks
- Les sculptures d'Heurtebise

- La mode selon Lolipop & Capucine
- Le site de Christophe Alévêque

- L'atelier : l'univers des beaux-arts annéciens
- Bernard Ascal
- Le site de Robert Lobet
- Le site de Rana Raouda
- Rexo : artiste plasticienne

- Le panoptique

- Nectar du Net

- L'hippopotable

- Le site de Sophia Aram

- Scories dans la brume

- Ardente Patience

- Laura Maih

- Le blog de Jennifer

- La république des livres

- Cyber@rchiviste

- Ardemment : langages artistiques

- Regards Citoyens

- Le blog de Laura Maih

- ladamenrouge

- Yves Mairot

- Isabelle Lassignardie

- The Plumebook Café

- Le Cadran ligné

- Le Livraire

- A la littérature... - Pierre Campion

- Fabrique de sens

- Sugar Plum Fairy

- Le Tréponème bleu pâle

- Le tampographe Sardon

- Histoires d'encres et de papiers

- Sylvain Fontaine

- Calisto

- Index Edition


Retrouvez-moi dans :

Le CD collectif "Souffleurs de vers" :

 

S
Souffleurs de vers
Souffleurs de vers

 

Le recueil collectif "Entre vers et rose" :

 

Entre-vers-et-rose.jpg

 

Le recueil collectif "Un bout de chemin..." :

 

Un bout de chemin - poesie


Le livre d'artistes "Flammes Fatales" :

 

Flammes-fatales---couverture2.jpg
Le livre d'artistes "Ombre onirique" :

 

Vignette-Ombre.jpg

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés